20 punchlines à retenir du dernier album de Seth Gueko

Avec son dernier album, Mange tes morts, Seth Guéko a tiré le bilan d’une longue et carrière refermé le rideau de fort belle manière. Par moments, ce projet sonne comme un véritable retour aux sources, la quantité de featurings rappelant l’époque Barillet Plein, le casting piochant allègrement parmi l’ancienne génération (Akhenaton, Le Rat Luciano, Sat, Youssoupha), et Seth revenant à des thématiques présentes au début de sa discographie avant de s’effacer ensuite (son rapport à la spiritualité notamment). Autoproclamé “Professeur Punchline”, Seth Gueko ne déroge pas à ses habitudes sur Mange tes morts, avec énormément de phases qui interpellent l’auditeur. Voici notre sélection, agrémentée par la participation de ses invités.

“Toutes les femmes sont des fontaines, il leur faut juste le bon sourcier” (Chtiliben)

Alors que l’eau devient un enjeu géopolitique majeur, que la moitié du monde souffre de sécheresse et que l’autre moitié du monde redoute les inondations, Seth Gueko a peut-être la solution à tous nos problèmes.

“J’vais faire du bruit comme deux squelettes qui baisent à tue-tête dans un cercueil en métal” (Mange tes morts)

Les punchlines de Seth Gueko sont généralement très imagées. C’est le cas de celle-ci : non seulement sur visualise parfaitement la scène, mais en plus sur le son. Avec un effort d’imagination, on peut même ajouter l’odeur.

“Si elle veut faire des gorges profondes, il faut qu’elle soit une femme-girafe” (Jason Voriz, Cali-Cali)

Mesdames et Messieurs : JASON VORIZ

“J’pète en pissant, y’a pas de pluie sans tonnerre” (Last Poets)

Une affirmation incorrecte sur le plan météorologique (la pluie sans tonnerre, ça existe), mais qui illustre encore le côté “punchlines imagées” (et là encore, vous pouvez ajouter le son, et si le cœur vous en dit, l’odeur) .

“Moi j’viens d’en bas le grand, j’aurais pu être Koba LaD” (Le Rat Luciano – Dernier Mojito)

Le Rat Luciano qui s’identifie dans le parcours de Koba LaD, c’est beau, et ça rappelle à tout le monde que si le rap a évolué dans la forme, il vient toujours des bas-fonds et représente toujours la jeunesse des quartiers défavorisés.

“J’avance tout droit, comme Némésis dans Resident Evil 3” (Mange tes morts)

On ne savait pas que Seth était aussi fan de jeux vidéo, mais l’image est assez parlante : Nemesis est un ennemi qu’on ne peut que fuir tout au long du jeu, et qui ne fait qu’avancer inexorablement vers le joueur.

“Stos t’a menti, c’est moi le fils de Seth Guex” (Kanoé – Gaine-dé)

On a tendance à reprocher aux rappeurs invités en featuring de ne pas assez s’impliquer dans la collaboration, mais dans le cas de Kanoé, on ne rien dire, le mec se positionne carrément en fils illégitime de son hôte (c’est pas sympa pour Stos)

“Bastos est le fils de Seth, moi j’suis le fils de Lucc'” (Kofs – Dernier Mojito)

Merci Kofs de rétablir la vérité concernant la descendance de Seth.

“Rendez-nous la France black-blanc-beur et on rend Brigitte Macron à l’Egypte” (Dernier Album)

C’est pas sympa pour les Égyptiens, ils ont déjà d’autres problèmes à régler.

“J’ai lu les livres saints une trentaine de fois en quête de foi, et j’ai choisi le din alors respecte ce choix” (Morts sous la même étoile)

Une phase inattendue et plus sérieuse que le reste. Seth Gueko évoque sa spiritualité, son rapport à la religion, supporte de façon assez intime sa vision de la foi. Il y fait même plusieurs références tout au long de l’album, signe qu’il a peut-être trouvé la paix intérieure.

« La France fait la guerre aux femmes à voile, elle préférerait les voir à poil, dans les films où les femmes avalent » (Dernier album)

La religion ou le porno, deux modes de vie a priori opposés qui ont tout de même cohabité dans la carrière de Seth Gueko. Pour la religion, on vous renvoie à la punchline précédente ; pour le porno : les actrices dans ses clips, sa promo chez Jacquie et Michel. Sur cette punchline, on apprécie le schéma de rimes et la gymnastique rythmique.

“Tes grossistes, j’vais les dé-kilo-ter” (Benjamin Epps – Last Poets)

Certainement un hommage à Omar de The Wire, à l’occasion des 20 ans de la série.

« Me-sper dans la gorge, et t’as la voix lactée » (Roi Barlou)

Comme quoi, pas besoin d’investir des milliards d’euros pour se lancer dans l’exploration de l’espace. Prends-en de la graine, Elon Musk.

“J’ai fait le vaccin mais juste après j’ai fait la hijama” (Gaine-dé)

Quoi qu’on pense de la vaccination, la punchline est efficace. La hijama consiste à extraire du sang de l’organisme (par une petite saignée, ou par ventouses) ; le cas échéant, il s’agit donc d’absorber la dose vaccinale avant qu’elle ait pu se diffuser. On peut pinailler en rappelant que le vaccin se fait directement dans le muscle, et pas dans les veines, mais la punchline reste marrante.

« Me dites pas que je vais mourir un jour, je le prendrais comme un gâté » (Youssoupha – Meurs tout bas)

Et personne n’aime les spoilers.

“Je n’ai pas de thunes pour mon billet d’avion, mais je veux planer sur la fumette Cali, Cali” (Roi Heenok, Cali Cali)

C’est indiqué très étonnant d’entendre le Roi lâcher innocentement “je n’ai pas de thunes pour mon billet d’avion” alors qu’il rappeait “j’ai fait mon premier million à l’âge de 18 ans”, mais vous avez vu le prix des vols en ce moment ? C’est de la folie.

« Hydraté au mixa bébé » (Cali Cali)

Ok c’est pas la punchline de l’année, d’ailleurs ce n’est même pas une punchline, mais au beau milieu de l’album d’un barlou tatoué de la tête aux pieds, on ne s’attendait pas à tant de douceur.

“Les footeux c’est la racaille des bourgeois, les rapeurs c’est les bourgeois des racailles” (7.62)

Seth Bourdieu

« Comme Fifty au Moulin, ton bling-bling ne voit pas le jour » (Jason Voriz, Cali-Cali)

Voriz, qui vient du 06, fait référence aux galères de 50 Cent en 2005 alors qu’il devait assurer un show à Nice. Son bus avait été caillassé alors qu’il a été transmis par le quartier des Moulins, entraînant une intervention musclée des forces de l’ordre. Hé oui, on a tendance à voir Nice comme une jolie petite ville tranquille où passer ses vacances, et on oublie que c’est aussi la Californie de l’Europe.

“J’ai ramené des recettes de Thaïlande, t’as ramené des Chlamydia” (Succession)

Le truc cool c’est qu’il n’y a même pas besoin de supplément bagage.

“On reconnaît un homme au père qu’il est, et à la paire qu’il a” (Le tigre qui pleure)

Même dans un texte extrêmement personnel et surtout très triste, Seth trouve le moyen d’en lâcher une.

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