7 ans après sa tentative avortée, Deezer fait enfin ses débuts en bourse

Après une première tentative avortée en 2015, la plateforme française de streaming musical va faire son entrée aujourd’hui à la Bourse de Paris.

Sept ans après une première tentative avortée, la plateforme française Deezer va faire ses débuts mardi à la Bourse de Paris, convaincue que les conditions sont plus favorables pour les acteurs du streaming musical, un marché en plein boum. Son dirigeant espagnol Jeronimo Folgueira sonnera à 09h00 tapant la cloche dans les locaux d’Euronext, à la Défense, en compagnie du ministre de l’Economie Bruno Le Maire. La valorisation de Deezer devrait atteindre 1,05 milliard d’euros.

“On est tout à fait confiants”, assure ce mardi matin Guillaume d’Hauteville, président du conseil d’administration de Deezer, sur le plateau de BFM Business. “En 2015, c’était sans doute trop tôt parce qu’il y avait beaucoup de questions sur le modèle [du streaming musical]désormais il n’y a plus aucune question parce que c’est le modèle [dominant] de distribution des contenus audio et de la musique en particulier”, souligne-t-il.

Pour réussir cette nouvelle tentative, les principaux actionnaires de Deezer – notamment le milliardaire anglo-américain Len Blavatnik qui détient 43 % des parts – ont choisi un système d’introduction moins risqué, via un Spac, un véhicule d’investissement. Le Spac I2PO, fondé par la famille Pinault, l’homme d’affaires Matthieu Pigasse, et l’ancienne dirigeante de WarnerMedia, Iris Knobloch, a levé des fonds en Bourse pour faciliter la cotation de Deezer et a déjà constitué 143 millions d’ euros.

“C’est une date historique pour Deezer […] qui va pouvoir se développer, grandir […]avoir accès aux marchés internationaux”, notamment anglo-saxons, a déclaré Bruno Le Maire sur BFM Business. C’est aussi un “signal pour l’écosystème de la tech”, a ajouté le ministre, estimant qu’il s’agissait d’un enjeu économique mais aussi culturel. “Je crois à la souveraineté culturelle française […] mais il faut pouvoir la porter différemment. Les plateformes de streaming, c’est une façon de défendre nos artistes”.

30% du marché en France

Lancé en 2007, Deezer revendique près de 30% du marché en France, mais ses 9,6 millions d’abonnés ne pèsent que 2% du marché mondial du streaming musical, loin derrière le leader suédois Spotify (31% de parts de marché) , Apple, Amazon et Tencent. La stratégie de Deezer, qui veut plus que doubler ses revenus d’ici 2025, est de miser sur la musique, son univers et sa technologie, contrairement à Spotify qui multiplie les lancements de podcasts ou Amazon qui fonce sur les livres audio.

Rattraper Spotify “n’est pas notre obsession”, avance Guillaume d’Hauteville, pour qui “Deezer s’est développé avec d’autres stratégies, notamment partenariales”. Pour profiter de la croissance rapide du marché mondial du streaming (+26,4% d’utilisateurs en un au second semestre 2021), Deezer compte surtout s’allier avec des acteurs déjà déployés dans plusieurs marchés clés pour s’appuyer sur des bases de clients déjà existants, comme Orange en France ou le groupe RTL en Allemagne.

“On n’ambitionne pas de lever des milliards comme l’avait fait Spotify, mais on ambitionne d’avoir un produit global […]le meilleur produit du marché et de trouver notre propre rentabilité et notre propre audience”, poursuit Guillaume d’Hauteville. “Ce qui est très important, c’est de voir qu’on continue à progresser, à trouver notre audience, dans un marché qui est en pleine croissance et qui va continuer”, estime le président du conseil d’administration.

Jérémy Bruno avec AFP Journaliste BFMTV

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