Amina Kadous, lauréate du 6è Prix de la Photo Madame Figaro

Autoportrait de la photographe Amina Kadous, lauréate du 6è Prix de la Photo Madame Figaro – Rencontres d’Arles 2022. Amina Kadous

Pour sa 6e édition, le jury du prix Madame Figaro avec les Rencontres d’Arles 2022 a choisi Amina Kadous, jeune photographe égyptienne qui a réalisé un travail à la fois intime et universel sur l’érosion d’un pan de l’histoire de fils pays, symbolisé par la culture du coton.

À l’unanimité, les jurés du Prix ​​de la Photo Madame Figaro – Arles ont choisi Amina Kadous, née au Caire en 1991, pour son projet intitulé « Or blanc », présenté dans l’exposition « Si un arbre tombe dans une forêt », à l’espace Croisière. La photographe y tisse le récit d’une histoire familiale et nationale à partir d’El-Mahalla El Koubra, sa ville de naissance et centre pionnier du secteur cotonnier jusqu’à la fin des années 70, autour de la société Misr Spinning & Weaving , alors plus grande usine textile du monde. En 1969, le grand-père d’Amina y fonde son usine de coton. Son fils le rejoint une vingtaine d’années plus tard. Et en 2006, la contestation égyptienne commence là, dans le secteur textile.

18 septembre 2020, el Mehalla El Kobra, Égypte. Amina Kadous

Un travail de mémoire

La série «Or blanc» évoque les vides laissés par le temps au fil du déclin du coton égyptien. Un travail de mémoire, sensible, poétique et intelligent, qui s’attache à rassembler les traces de son enfance, entre perte et transmission, dans la maison de son grand-père et les champs de coton. « La série est une recherche de mon identité personnelle et de l’identité nationale. Un cycle d’échecs et de possibilités. (…) Déracinée et arrachée du sol, je vois mon reflet dans le trajet du coton. Un symbole de ce que j’essaie en permanence de devenir. La fleur blanche du coton se transforme intérieurement et extérieurement jusqu’à ce qu’elle soit tissée, transformée en étoffe. De la même manière, j’essaie de m’adapter au monde extérieur, de tisser ma vie dans les courants d’aujourd’hui. M’inspirant de l’héritage de mes grands-parents, de leurs archives et de l’histoire de mon pays en train de s’éroder, j’essaie de reconnecter et récolter ce qui reste de nos propres graines de coton en train de se déssécher. De ce qui fut jadis un symbole majeur de notre identité égyptienne», explique-t-elle.

21 janvier 2021, El Mehalla El Kubra, Égypte. Amina Kadous

Un travail documentaire, dont elle parle comme “des petits fragments d’une longue recherche pour comprendre son présent.” Alors même qu’une nouvelle capitale démesurée – Al Masa – est en train de s’édifier en Egypte.

Amina Kadous a étudié à Boston. Son travail y a été montré, ainsi qu’à Londres, Paris, Le Cap et au Mali. Elle a reçu en décembre 2019 le prix du Centre Soleil d’Afrique à la 12è édition de la Biennale de photographie de Bamako.

Soirée au théâtre antique

Le prix de la photo Madame Figaro Rencontres d’Arles est attribué chaque année depuis 2016, lors d’une soirée au théâtre antique. La lauréate reçoit une dotation de 10.000 euros et est invitée à réaliser un projet publié l’année suivante dans Madame Figaro. En échange, elle donne à la Fondation des Rencontres d’Arles des tirages qui enrichissent une collection commencée il y a plus de cinquante ans et qui contiennent des images de grands noms de la photographie du XXe et du XXIe siècle. Le prix est soutenu par Femmes en mouvementun programme de Keringpar BMW Group France et par Barbara Sturm.

Prix ​​de la Photo Madame Figaro – Rencontres d’Arles

Cette année, la présidence du Prix de la photo Madame Figaro était assurée par Virginie Efira, encadrée d’Anne Berest, Jean-Pierre Blanc, Nicolas Di Felice, Brigitte Lacombe, Caroline de Maigret, Kamel Mennour, Souheila Yacoub, Rebecca Zlotowski et d ‘Anne-Florence Schmitt, directrice de la rédaction de Madame Figaro. Amina Kadous a rejoint nos lauréates précédentes ; l’Espagnole Laia Abril, couronnée en 2016 pour son projet sur l’histoire de la misogynie, la Chilienne Paz Errazuriz, pourchassée par Augusto Pinochet, donnant à voir ceux que la société ne regarde pas, la Polonaise Wiktoria Wojciechowskaqui documentait la guerre dans le Donbass à la manière des artistes peignant des icônes, la Grecque Evangélia Kranioti, pour son immersion près des marins et ceux qui habitent dans les ports, et la Soudanaise Eythar Gubara, qui montrait des images de femmes dans un Soudan dominé par les hommes.

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