Après la mort d’une femme lors d’un contrôle à Paris, la garde à vue des policiers a été levée

Les services d'urgence s'occupant des passagers d'une voiture sur laquelle des policiers ont été tirés lors d'un contrôle, samedi 4 juin, à Paris.

Le conducteur du véhicule sur lequel trois policiers ont tiré, lors d’un contrôle à Paris, samedi 4 juin, a été placé en garde à vue mardi. Une enquête a été ouverte pour « tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique », a précisé la procureure de Paris, Laure Beccuau.

Elle l’est également pour « refuser d’obtempérer aggravé par la mise en danger d’autrui, conduite malgré l’annulation du permis de conduire et conduite sous l’empire d’un état alcoolique et après avoir fait usage de substances classées comme stupéfiantes » , selon un communiqué de Mmoi Beccuau. Les investigations ont été adressées au 2e district de police judiciaire de la direction régionale de la police judiciaire.

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Par ailleurs, Mmoi Beccuau a également confirmé que la « garde à vue des trois policiers a[vait] été levée pour poursuite des investigations », dans le cadre d’une autre enquête, qui a, elle, été désignée à un juge d’instruction. Une information judiciaire a été ouverte à l’encontre des trois policiers pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner », « violences volontaires avec usage ou menace d’une arme ayant entraîné une incapacité totale de travail de plus de huit jours », d’une part, et « n’ayant pas entraîné d’incapacité totale de travail », d’autre part, par personne dépositaire de l’autorité publique.

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Les trois policiers relâchés, « libres de toute charge »

Elle a été ouverte « au terme des premières investigations réalisées par l’IGPN, au vu de la nécessité de procéder à diverses auditions indispensables à la manifestation de la vérité et dans l’attente des résultats d’examens techniques qui permettent de préciser l’imputabilité des faits aux personnes engagées ». Selon la procureure, la procédure « permettra de retracer avec précision le déroulement des faits et de déterminer les circonstances exactes d’usage de leur arme par les policiers. »

L’avocat des policiers, Me Laurent-Franck Liénard, avait annoncé, plus tôt dans la journée, qu’ils étaient sortis « libre de toute charge ». « L’enquête va se poursuivre sous une autre forme, et ils donneront tous les éléments de réponse, afin que la vérité se manifeste »avait déclaré Me Liénard à l’Agence France-Presse (AFP).

« Ils n’ont rien à cacher et traiteront leur respect des règles et la légitimité de leur action », avait-il ajouté. Un appel à témoin doit être lancé dans la journée par l’IGPN (Inspection générale de la police nationale) à la demande du parquet de Paris. Les trois hommes avaient été placés en garde à vue, dimanche, dans les locaux de l’IGPN.

Conducteur sans permis et en semi-liberté

Les faits se sont déroulés samedi, en fin de matinée, dans le 18e arrondissement, lorsque des fonctionnaires à VTT ont voulu contrôler « une voiture avec quatre passagers dont l’un ne portait pas sa ceinture de sécurité », a relaté une source policière. Alors qu’ils s’en approchent, la voiture a pris la fuite.

Un peu plus loin, alors que les policiers tentaient à nouveau de le contrôler, le conducteur aurait activé et « foncé » sur les policiers qui, selon la police, ont fait usage de leurs armes et ont atteint le conducteur et une passagère. Neuf cartouches auraient été tirées, mais des expertises balistiques complémentaires devraient avoir lieu.

Les deux passagers arrière n’ont pas été obtenus. Ils ont depuis été entendus par les enquêteurs. L’un d’entre eux raconté sur RTL que le conducteur, sans permis, n’est pas sombre sur les policiers, mais les a ignorés. Alors qu’un policier vient frapper à la vitre en lui demandant de se garer pour un contrôle, il acquiesce mais ne s’arrête pas. Bloqués un peu plus loin par la circulation, ils sont rattrapés par les agents qui les somment de sortir du véhicule. Le conducteur feint alors de ne pas les voir.

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Le véhicule s’est retrouvé dans « un genre d’embouteillage » et des coups de feu ont été tirés. « Mon ami a remis la première et a redémarré après les coups de feu »un assuré cet homme. « Il n’a percuté aucun policier », insiste le témoin. Le conducteur purgeait une peine et bénéficiait d’un aménagement en semi-liberté, selon une source proche de l’enquête.

Le Monde avec AFP

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