Après la polémique, la soprano russe Anna Netrebko fait son grand retour à Paris

Après de multiples déprogrammations en Occident, pour cause de soutien passé à des artistes prorusses, la cantatrice était mercredi soir à la Philharmonie de Paris, mettant un terme à son absence dans la capitale depuis 2017.

Elle a chanté en avril à l’Opéra de Monte Carlomais le concert d’Anna Netrebko à la Philharmonie de Paris mercredi marque le grand retour dans une capitale occidentale de la soprano russe star, critiquée depuis la guerre en Ukraine.

Comptant parmi les plus grandes voix lyriques au monde, elle a été parmi les premiers artistes russes à être pointés du doigt après le début de l’invasion de l’Ukraine pour ne pas avoir clairement dénoncé la guerre. Le Metropolitan Opera de New York, dont elle était l’invitée régulière, l’a ainsi déprogrammée pour une durée indéterminée. En réponse, elle avait annoncé alors se retirer temporairement de la scène. Après quelques jours, le 30 mars, elle a été condamnée “expressément la guerre contre l’Ukraine”ce qui lui a valu en retour d’être retirée de l’affiche dans son propre pays.

La soprano n’a jamais ouvertment clamé son soutien au président russe Vladimir Poutine, mais il est reproché de s’être rendu à Donetsk en décembre 2015 pour y poser le drapeau des rebelles séparatistes prorusses. Elle explique aujourd’hui qu’elle ignorait que ces drapeaux seraient brandis alors qu’elle posait pour la photo. Elle a aussi causé la controverse lorsqu’elle a remis un chèque d’un million de roubles (environ 15.000 euros) au dirigeant ukrainien prorusse Oleg Tsarev. Anna Netrebko s’était défendue en expliquant vouloir soutenir les arts, et plus particulièrement l’Opéra de Donetsk auquel l’Ukraine avait coupé tous les financements, et assuré n’avoir «jamais reçu de soutien financier du gouvernement russe» et de ne s’être jamais alliée à « aucun dirigeant de la Russie ».

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Dans un entretien au quotidien Le Monde daté dimanche, elle a répété qu’elle n’était “coupable de rien”affirmant que sa seule erreur était de ne pas s’être « avantage informée de la situation au Donbass » et qu’elle voulait «juste aider des amis en difficulté». «On m’a aussi demandé de me déclarer contre Vladimir Poutine. J’ai répondu que j’avais un passeport russe, que c’était encore le président, et que je ne pouvais prononcer publiquement ces mots. J’ai donc refusé»at-elle ajouté.

Malgré sa condamnation de la guerre, le Met a remis en cause tous ses contrats jusqu’en mai 2026, selon elle. Son ancien mentor, le chef d’orchestre Valery Gergiev, un proche revendiqué du Kremlin, a été déclaré persona non grata par les salles de concert occidentales. Dans leur pays, les artistes russes ont été sommés d’afficher leur patriotisme ou, à défaut, de garder le silence, et dans les pays avérés, de prendre publiquement leurs distances avec l’opération militaire et le régime russe. Le concert d’Anna Netrebko à la Philharmonie mercredi avait déjà été reporté trois fois à cause de la pandémie, il devait se tenir en novembre 2020. Son dernier récital à Paris remonte à 2017 (à l’exception d’un gala en 2019 pour les 350 ans de l’Opéra de Paris).


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