au bout de l’enfer avec Metallica

La semaine dernière, pendant trois jours, la petite Italie des Pays de Loire s’est muée au paradis du rock’n’roll sous le soleil de Satan. Une chaleur écrasante, harcelante, accablante, combattue avec des brumisateurs géants, des rideaux d’eau, des lances à incendie, mais…

La semaine dernière, pendant trois jours, la petite Italie des Pays de Loire s’est muée au paradis du rock’n’roll sous le soleil de Satan. Une chaleur écrasante, harcelante, accablante, combattue avec des brumisateurs géants, des rideaux d’eau, des lances à incendie, mais une chaleur pas tout à fait caniculaire, puisque le Hellfest a échappé à l’alerte rouge et donc à l’annulation préfectorale des spectacles et activités de plein air qui l’accompagnent.

Malgré une chaleur infernale, le premier week-end du Hellfest a rassemblé 180 000 spectateurs


Malgré une chaleur infernale, le premier week-end du Hellfest a rassemblé 180 000 spectateurs

Loïc Venance / AFP

800 interventions des pompiers pour 180 000 festivaliers : « On ne s’en sort pas si mal que ça », un résumé de Ben Barbaud, le directeur du festival, après ce premier tour. Il faut dire que le Hellfest a vu grand, très grand. Une double édition (du 17 au 19 puis du 23 au 26 juin), 350 groupes à l’affiche et 420 000 spectateurs annoncent : le plus grand festival de France, le plus grand festival rock d’Europe. Et même le plus grand parking de France installé sur plus de 35 hectares dans le vignoble du Muscadet, ce qui a fait grincer quelques dents chez les syndicats agricoles.

Gojira, le plus international des groupes landais a assumé le festival le dimanche soir

Pendant trois jours (quatre et même cinq pour tous les festivaliers pressés de planter leur tente ou de secouer leur tête au festival off), 180 000 personnes vêtues de noir, arrivées de toute la France et du monde entier, ont communié autour de genres musicaux (punk rock, hardcore, heavy metal, thrash metal, black metal, death metal…) médiatiquement totalement invisibles.

Impossible de voir tous les concerts bien entendus, quand cinq des six scènes se jouent en même temps non-stop de 10 heures à 1 heure du matin, mais citons quand même quelques magnifiques morceaux de bravoure. À commencer par le plus international des groupes landais, Gojira, qui a assumé le festival le dimanche soir. Un show d’une puissance inouïe appuyée par des effets de lumière exceptionnels. Quelques heures avant, les Japonais de Maximum the Hormone étaient revenus sur la Mainstage avec leur metal fusion surexcité. La veille, Anti Flag et son punk rock engagé (à gauche toute) avaient terrassé la Warzone, qui continuait à chanter jusqu’à son retour dans les rues endormies de Clisson. C’était après le bulldozer brésilien Sepultura, cantonné sur une scène trop petite pour tous ses fans.

La War Zone, l'une des six scènes du festival et sa statue monumentale de Lemmy, chanteur de Motörhead, décédé en 2015


La War Zone, l’une des six scènes du festival et sa statue monumentale de Lemmy, chanteur de Motörhead, décédé en 2015

Loïc Venance / AFP

L’affiche proposée est proprement infernale pour tout fan de rock un peu costaud qui se respecte

Sur le papier, la deuxième partie de ce Hellfest historique s’annonce encore plus folle que la première. Si Clisson devrait retrouver des températures plus adaptées à sa latitude, l’affiche proposée est proprement infernale pour tout fan de rock un peu costaud qui se respecte. Metallica bien sûr, mais aussi Guns n’ Roses, Nine Inch Nails, Scorpions, Alice Cooper, Ministry, Megadeth sont en haut de l’affiche. Derrière, une tonne de légendes : Mercyful Fate, Carcass, Napalm Death, Bad Religion, Pentagram, The Exploited. Derrière encore, des dizaines de groupes à découvrir. On peut citer les Franciliens de Pogo Car Crash Control ou les Toulousains de Slift.

Chaque année pourtant, le Hellfest se pose la question de son fond de commerce : les groupes. Si on peut avoir l’impression de revenir voir chaque année les mêmes artistes, le festival donne objectivement de la visibilité à de nombreuses formations qui en d’autres lieux ont une audience qui va de l’honnêteté au confidentiel. La montée en puissance de groupes comme Gojira, des Ukrainiens de Jinjer (l’une des sensations de la première partie) ou des néo-zélandais Alien Weaponry, ne suffit pas encore à bousculer les dinosaures parfois septuagénaires (Deep Purple, Judas Priest, Scorpions , Alice Cooper, Killing Joke), qui tient toujours le haut de l’affiche.

(1) La totalité des billets a été vendue. Metallica sera en concert le 3 juillet avec Weezer au stade San Mames de Bilbao

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