Au festival de Cannes, Bella Hadid porte des robes vintage et nous fait réviser l’histoire de la mode

Alors que les tapis rouges regorgent généralement des dernières créations haute couture de maisons de luxe qui reviennent, la mannequin star Bella Hadid fascine la Croisette en ne portant que des robes d’archive, signe d’un changement de paradigme.

Alors que se termine la 75e édition du festival de Cannes (du 17 au 28 mai 2022), Bella Hadid a réussi à créer plusieurs moments importants et pas en portant de nouvelles tenues issues des dernières collections fraîchement présentées sur les podiums de semaines de la mode prestigieuses. Ni des créations sur-mesure imaginées juste pour elle. Mais bien des pièces d’archives, de seconde main bien vintage.

Réviser l'histoire de la mode avec Bella Hadid sur le tapis rouge du festival de Cannes
Bella Hadid au festival de Cannes 2022 nous fait réviser l’histoire de la mode. © Capture d’écran Instagram.

C’est assez rare pour être souligné, et semble confirmer en creux sa volonté de s’inscrire dans le temps long. Car par ces choix stylistiques (assistés par son styliste Luxury Law, le même que celui de Zendaya Coleman), Bella Hadid montre qu’elle connaît son histoire de la mode sur le bout des doigts et qu’elle veut rendre hommage aux grands couturiers d’hier afin de les revaloriser aux yeux d’un aujourd’hui qui aurait pu les oublier.

En prime, elle apparaît presque comme éco-responsable (oui, à Cannes, la barre est au 4e sous-sol) en prenant le parti d’une robe de seconde main, digne d’archive muséale, plutôt que d’utiliser de nouvelles ressources. Et c’est peut-être bien en train de devenir le flex mode ultime (cf. Cardi B régulièrement habillée en archives Thierry Muglerou encore Kim Kardashian dans la fameuse robe nue de Marilyn Monroe au Gala du Met 2022).

Bella Hadid enchaîne les looks d’archives mode au festival de Cannes

Au festival de Cannes 2022, Bella Hadid a d’abord porté une robe bustier sculpturale, toute en noir et en drapé. Une création Versace printemps-été 1987 de la main de Gianni Versace lui-même (les fans de mode auront peut-être la voix de Naomi Campbell qui assène à Tyra Banks « Connaissez-vous au moins Gianni Versace ? » en tête).

Bella Hadid en robe Versace printemps-été 1987 par Gianni Versace.

Puis le supermodèle du XXIe siècle a enchaîné avec une robe noire au décolleté vertigineux plongeant jusqu’à la taille, elle-même ceinturée par une bande de cuir marron qui souligne la nudité du dos et des hanches. Une création Versace automne-hiver 2001-2002 par Donatella Versace (la soeur du fondateur de cette illustre maison italienne a repris le flambeau de la direction artistique après son assassinat par un fan fou : une histoire vraie racontée dans la saison 2 de la série Histoire du crime américainL’Assassinat de Gianni Versace).

Bella Hadid en robe Versace automne-hiver 2001 par Donatella Versace.

L’ancienne Le Secret d’Ange Victoria a ensuite fait une apparition dans une robe à corps baleiné en velours noir, contrastant avec le volume et la légèreté d’une jupe bouffante et de manches ballons, rayées noir sur blanc. Une création Chanel automne-hiver 1986-1987 signée Karl Lagerfeld lui-même.

Bella Hadid en 2022 dans une robe Chanel automne-hiver 1986-1987 signée Karl Lagerfeld
Bella Hadid en 2022 dans une robe Chanel automne-hiver 1986-1987 signée Karl Lagerfeld

Enfin, le mannequin star vient de clôturer sa leçon d’histoire de la mode dans une robe immaculée, complètement couvrante, hormis une ouverture sur une hanche bijoutée. Une création Gucci automne-hiver 1996-1997, iconique de l’ère où le grand Tom Ford officiait à la direction artistique de la maison florentine.

Bella Hadid en Gucci automne-hiver 1996-1997 par Tom Ford.

Une stratégie de Bella Hadid pour inscrire son prénom dans l’histoire de la mode ?

Avec sa grande soeur Jelena Hadid, dite « Gigi » (suivie par 74,4 millions de personnes rien que sur Instagram, soit plus que la population française), Isabella Hadid, dite Bella (52,2 millions de followers Insta) appartient à cette nouvelle génération de mannequins adulée par les jeunes ultra-connectés. Rien qu’évoque leur surnom suffit à comprendre de qui l’on parle, ce qui n’était pas arrivé depuis l’ère des supermodèles des années 1980-1990 (Linda, Christy, Noémie, Cindyet Claudie n’avaient même pas besoin qu’on précise leur nom de famille).

Ce qui avait récupéré à ce que Bella Hadid pouvait se faire un prénom, émancipé de la carrière de sa soeur, de sa mère (Yolanda Hadid, elle-même ancienne mannequin reconvertie en vedette de la télé-réalité), et de son père (Mohamed Hadid, magnat de l’immobilier), c’est Cannes, justement.

Le 19 mai 2016, elle avait enflammé le tapis rouge dans une robe en satin de soie écarlate, ultra-fendue et échancrée, signée Alexandre Vauthier. Le grand public français la connaissait à peine, et c’était justement pour la montée des marches du film La fille inconnue : ça ne s’invente pas.

Celle qui avait à peine vingt ans lors de ce moment ultra-médiatisé a affirmé auprès du Vogue étatsunien, en août 2021, regretter ce regard :

« J’ai l’air très sexuel. Les appareils photos et le fait d’avoir beaucoup de maquillage me rendaient nerveux, je l’étais aussi à propos de cette fente. »

En 2021, Cannes avait de nouveau d’yeux que pour elle et ses poumons dorés en guise de décolleté de sa tenue signée Schiaparelli par Daniel Roseberry. Époustouflante et mémorable.

Bref, entre Bella Hadid et le festival de Cannes, c’est une histoire mode partie pour durer.


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Crédit photo de Une : Captures d’écran Instagram

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