Concerts : cet été, les Dutronc, père et fils, paient leur tournée à Nîmes, Montpellier… émoi, émoi, émoi

Après quatre premiers concerts joués à guichets fermés, Thomas et Jacques Dutronc prennent la route pour une tournée estivale qui passera, entre autres, par Nîmes, Carcassonne, Argelès-sur-Mer, Montpellier et Ruoms en Ardèche. Rencontre au studio Riffx à Boulogne près de Paris.

Il y a des câbles partout au sol qui se faufilent, comme autant de serpents électrifiés, entre les amplis, la batterie et tout un ensemble de matériels destinés à l’ultime répétition du groupe avant son départ pour une tournée estivale qui devrait durer trois mois et traverser toute la France au gré des festivals.

Dans l’imposant studio Riffx de la Seine musicale de Boulogne (Hauts-de-Seine), l’équipe s’attelle aux derniers réglages, aux ultimes accords. Il y a là Fred Chapellier, le guitariste attitré de Jacques Dutronc depuis maintenant plus de dix ans, qui attend patiemment, la Stratocaster en bandoulière, qu’Éric Legnini, pianiste et chef d’orchestre d’origine belge, programme la bande-son sur dont le célèbre morceau de flûte de Roger Bourdin vient s’habiller Il est cinq heures Paris s’éveille.

“Mon père était super inquiet”

La présence sur scène de Fred Chapellier, excellent bluesman qui était déjà de l’aventure avec les Vieilles canailles, “rassurer Jacques” qui pour le coup a préféré rester en Corse dans sa villa de Monticello, au frais avec ses chats. Il faut dire que “les répétitions, ce n’est pas trop son truc !”sourit son fils, Thomas, lunettes noires sur le nez, qui se mêle passionnément au travail du groupe en patron qu’il est.

“Au début, ça n’a pas été facile, raconte l’auteur d’Aragon. Il y avait beaucoup de tension. Mon père était super inquiet ! Il repassait derrière moi et faisait changer des trucs sans moi le dire, c’était insupportable. Et puis il disait des trucs à ma mère (Françoise Hardy, NDLR) qui me les répétait et parfois les déformait, c’était l’enfer ! Donc un jour j’ai dit stop ! Les choses maintenant on se les dit en tête en tête sans personne… et depuis ça marche très bien !”

Et Thomas d’ajouter avec un brin d’émotion : “On est une famille où parfois on peut se dire des mots durs mais jamais on ne s’endort fâché ! On s’aime profondément quoi qu’il arrive et quelles soient nos différends !”

Un super groupe de rock

Installé à quelques mètres seulement de Thomas, Rocky Gresset, le discret et talentueux guitariste d’origine gitane, titille le manche de son imposante Gibson L5, en attendant de se lancer corps et âme dans un J’aime les filles où le timbre de voix de Thomas fait voyager l’assistance cinquante-cinq ans en arrière quand le père prend ses quartiers chez Castel.

Si on ajoute à cela la frappe précise et nerveuse du batteur Maxime Zampieri et le phrasé assuré du bassiste Julien Herné, on est en présence là de l’un des meilleurs groupes de rock français actuel. D’ailleurs, jamais dans sa carrière Jacques le sage n’aura été accompagné d’une aussi bonne formation musicale ! “Au départ, il craignait qu’on fasse du jazz comme sur l’album Frenchy… il a fallu que je lui répète au moins dix fois que ça ne serait pas le cas !”

Répétition en Corse

Pour être tranquilles, les Dutronc family ont commencé les répétitions en Corse, seuls sans personne autour. “Mon père est plus à l’aise quand on est que tous les deux… c’est un grand timide.” D’ailleurs, Jacques a travaillé d’autres titres que ceux qui composent l’actuelle setlist – dans laquelle on trouve la plupart de ses standards –, “mais devant les autres musiciens il n’a pas osé les chanter, il est très pudique.”En attendant, sur la vingtaine de morceaux interprétés sur scène, à peine quatre ou cinq sont des compositions de Thomas. “Nous avons fait le choix des chansons à deux.”

Cependant, si l’interprète de J’aime plus Paris est de presque tous les duos, il en va autrement de Jacques. “Il chante avec moi sur ‘Un manouche sans guitare’… mais je compte bien avant la fin de la tournée lui faire chanter une ou deux autres chansons de mon répertoire” sourit Thomas qui pour autant admet vivre actuellement une superbe aventure.

“Il a un charisme incroyable”

“Je suis fier d’être sur scène avec mon père. Et je crois que lui aussi. Nous prenons un véritable plaisir à être ensemble.” Mais arrive-t-il réellement à faire le distinguo entre l’artiste et le père ? “C’est difficile,avoue-t-il. Car il est lui-même en permanence, il ne joue pas de rôle ! À la maison, il a aussi ses lunettes noires et fume son cigare… Parfois, il met des lunettes blanches juste pour regarder la télé mais c’est rare. Il a un charisme incroyable quoi qu’il fasse ! “

Il est clair que cette tournée a fait se rapprocher un peu plus encore les deux musiciens, ce qui comble de joie “ma mère qui malheureusement à cause de sa maladie n’est pas encore venue nous voir en concert” . Si dans le studio l’ambiance est plutôt décontractée et que les bons mots parfois fusent avec élégance, l’exigence musicale reste de mise. “Je suis attentif au fils, dit Thomas.Je ne veux pas que ça sonne trop variété rock !” Ce qui n’est pas le cas !

Matthieu Chedid en guest star !

Avant de reprendre La fille du père NoëlThomas reçoit un SMS de Matthieu Chedid, son ami d’enfance, qui, lui aussi, sera présent le 24 juin au festival Aluna à Ruoms.“Il veut savoir quel morceau il pourrait jouer avec nous sur scène”,demande-t-il en se tournant vers Charles Bensmaine, le patron d’Auguri production et organisateur de la tournée.

Fais pas si fais pas ça ous Gentleman cambrioleurrépond ce dernier.“Ouais, l’un ou l’autre c’est une bonne idée, comme ça il pourra faire un super solo de guitare !”,découvert Thomas, sourire aux lèvres.

Les Dutronc et Dutronc seront présents dans la région pour une série de concerts : le 18 juin au parc Valmy à Argelès-sur-Mer, le 24 juin au festival Aluna à Ruoms, le 12 juillet dans les arènes de Nîmes, le 15 juillet au Grand théâtre de la cité à Carcassonne et le 3 novembre au Zénith de Montpellier.

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