Derrière la foule des stands de manga, le salon promet toute la culture japonaise

« Un rendez-vous de la culture et de la pop culture né d’une envie de partager une passion pour le manga et l’animation ». Après deux ans d’absence, la Japan Expo fait son retour. Le paradis pour tous les fans de mangas et d’animés (ne craignant ni la chaleur, ni la foule) a ouvert ses portes au parc des Exposition de Villepinte, le 14 juillet dernier.

Après avoir bravé le RER B et sa chaleur, les détenteurs du billet d’entrée (entre 20 et 25 euros) ont pu déambuler entre la centaine de stands et de points de vente répartis dans les 140.000 mètres carrés de l’exposition. L’occasion de remplir ses sacs de nouvelles trouvailles, de très nombreux goodies, de quelques dédicaces ou de prendre des photos avec les cosplayeurs de ses personnages favoris ou des influenceurs. Parmi les espaces les plus remplis, bien évidemment, le stand du prochain film « One Piece : Rouge », les maisons d’édition comme Ki-oon, Glénat ou encore Pika. C’est pour cela que viennent les fans. Pourtant, la Expo Japon se présente comme une exposition sur la « culture japonaise » et non la « culture manga ».

« Derrière le manga, il y a le Japon. »

Le Japon n’est pas que manga, animation ou jeux vidéo. Pour ses trois fondateurs : Thomas Sirdey, Jean-François Dufour et Sandrine Dufour, la Japan Expo ne doit pas se cantonner à cette vision parcellaire de la culture nippone. Les openings (génériques d’ouvertures des dessins animés) sont, pour l’équipe du festival, des portes d’entrée vers la musique japonaise, dont certaines stars comme Miwa (interprète du générique de L’Enfant du mois de Kamiari et compositrice reconnue au Japon) sont présentes pour promouvoir leur art. « La culture japonaise a une place prépondérante au cœur de ce festival, assure Thomas Sirdey. On se sert du manga et des animés pour faire découvrir le Japon. »

Pour découvrir cet autre Japon dans le festival, il faut quitter les stands marketing des grosses maisons d’édition et des studios et la foule compacte pour se rendre vers l’espace Wabisabi, moins évoqué, mais fourmillant de créations. Dans cet espace de 1500 mètres carrés, 80 artisans japonais sont venus exposer leurs ouvrages. Bijoux faits main, calligraphie traditionnelle ou vaisselle, et toutes sortes de savoir-faire traditionnels.

Des savoir-faire ancestraux à découvrir

« Les gens qui viennent ne sont pas déterminés là pour ça, mais quand ils voient notre travail, ils s’arrêtent, s’intéressent et détestent notre travail » raconte Goro Koisumi, par traductrice interposée. L’artisan d’une cinquantaine d’années est arrivé mercredi depuis Kamakura (ville de la préfecture de Kanagawa au sud-ouest de Tokyo) pour exposer ses assiettes, coupes à saké ou encore baguettes faites de bois sculpté, gravées puis laquées selon la technique du Kamakura Bori. Cette technique de laquage très ancienne (qui remonte aux années 1100) nécessite patience et méticulosité.

Tout part d’un bloc de bois. Dans ce cube, les mains expertes du japonais viennent tailler un cylindre, puis une coupe de la taille d’une tasse de café, un peu grossière au début. Les ciseaux à bois affinent la forme du récipient, enlèvent l’excès de matière, le décorent avec quelques gravures. La coupe est là, brute, il faut maintenant la poncer, la rendre la plus lisse possible. Puis vient l’étape du laquage. Une première couche est appliquée, puis une deuxième, une troisième. L’étape sera répétée douze fois. Au terme d’un polissage final, une coupe de saké voit le jour. Goro a mis deux mois pour réaliser cette coupe à saké et il la présente aujourd’hui aux visiteurs. Tout son savoir-faire, il l’explique avec un grand sourire aux décrits. Certains se répartissent parfois avec une coupe ou une paire de baguettes, mais tous ressortent de ce stand avec une nouvelle connaissance sur le Japon.

Leave a Reply

Your email address will not be published.