« Être une famille d’artistes ? J’adore ! », confie M

Voilà plus de vingt ans que la planète M est en orbite, sans jamais dévier de sa trajectoire ascendante. Au début du mois de juin, Mathieu Chedid a sorti un nouvel album, Rêvalitésuivi d’une grande tournée des festivalscomme le Jardin Sonore à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), le 20 juillet, au cours de laquelle le public se fait toujours aussi nombreux, et le plaisir de monter sur la scène toujours aussi fort pour le chanteur. 20 minutes s’est entretenu avec l’interprète de Je dis Mà l’aube d’un été bouillant.

Vous êtes en pleine tournée des festivals, comme le Jardin Sonore Festival, à Vitrolles le 20 juillet. Vous aimez avoir un public pas demandé acquis ?

C’est vrai que j’aime bien que ça soit la musique qui parle avant le reste. Et ce qui me sauve aussi, c’est ma guitare. Elle me permet d’être universelle là où mes chansons sont plus francophiles. Je me suis retrouvé ainsi en Tanzanie à faire vibrer et danser toute une tribu massaï ! Avec ma guitare, j’ai une sorte de protection. Je peux jouer n’importe où et n’importe quand. Et la vibration passe à chaque fois. Et il n’y a aucune hiérarchie : quel que soit le concert, l’intention est de donner aux gens.

Nouvellement, vous avez même décidé de participer à la Fête de la musique, à Lyon…

C’était vraiment très spontané. J’ai fait beaucoup de fêtes de la musique dans ma vie. Une heure avant ce concert, j’ai vu que c’était les quarante ans de la Fête de la musique. Et je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose. A la base, je voulais carrément prendre ma guitare et jouer dans la rue, mais on m’a trouvé une scène. Et voilà !

Pourquoi avoir continué les concerts pendant le confinement ?

On avait tous envie, d’une certaine manière, de se rendre essentiel. Donc, moi, je me suis dit que le seul truc que j’étais capable à peu près de faire, c’était des chansons. Par pudeur, mettre une caméra dans mon salon et chanter pour les gens sans filtre, je ne l’aurais jamais fait. Là, je me suis dit que c’était l’occasion. Et même, il n’y avait plus le choix. C’est donc un élan du cœur.

Vous ne l’auriez jamais fait par pudeur ?

Je trouve qu’on est dans un monde où on montre tout. Et je trouve ça parfois un peu impudique et vulgaire. Je n’aurais jamais montré mon intimité comme ça. Je peux faire des choses flamboyantes sur scène, Par contre, faire quelque chose de trop intime, personnel, ça me gêne.

N’est-ce pas contradictoire avec l’omniprésence de votre famille, y compris dans votre dernier album ?

En musique, en chanson ou sur scène, c’est mettre en scène, quelque part, mon intimité. Faire ça chez soi, à la maison, je trouve que c’est encore une autre démarche. Après, je crois qu’il y a une thématique qui me bouleverse, c’est la transmission. On n’est rien sans les anciens. Quelle joie de pouvoir chanter les mots de ma grand-mère à des jeunes de 20 ans qui ne connaissent même pas David Bowie, comme je l’ai fait pendant un festival ! Dans une époque où on est coupé de certaines traditions, je trouve ça très important. Dans les interviews, je parle de ma famille avant même qu’on m’en parle en général (rires) C’est quelque chose que j’assume à fond. J’adore ! Je trouve ça génial d’être dans une famille d’artistes. C’est quand même une chance, et une inspiration. J’ai une conscience de cette richesse-là

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