Giuseppe Tornatore signe un grand documentaire sur Morricone, maestro de la musique de films

Avec quelque 500 bandes originales de films, Ennio Morricone crée sans doute un record. De sa première partition pour le cinéma (Mission ultra-secrèteLuciano Salce, 1961), à la dernière (La CorrespondanceGiuseppe Tornatore, 2016), Ennio Morricone a construit une œuvre qui inclut également des compositions symphoniques contemporaines, de la musique de chambre et des accompagnements de chansons.

Giuseppe Tornatore retrace dans Ennio, en salle mercredi 6 juillet – tout juste deux ans après son décès en 2020 – ce parcours unique. Un formidable documentaire sur un artiste jusqu’ici restait très discret dont la parole s’exprimait uniquement par la musique.

Ennio est composé de plusieurs interviews filmés chez Morricone, mais aussi de cinéastes pour lesquels il a œuvre : Bernardo Bertolucci, Marco Bellocchio, Dario Argento, les frères Taviani, Clint Eastwood, Roland Joffé, Quentin Tarantino… Nourri de documents d’époque, d’ extraits de films et musicaux, Ennio retrace la biographie du compositeur de BO le plus populaire du cinéma, avec plus de 70 millions de disques vendus dans le monde.

D’origine modeste, c’est son père trompettiste qui exige de lui de jouer de son instrument de prédilection pour faire vivre, comme lui, sa future famille. Une injonction peu commune, les parents privilégiant rarement les carrières artistiques pour leurs enfants, d’autant que le jeune garçon n’a pas de goût particulier pour la trompette.

Il exécute plusieurs diplômes et signe sa première composition classique en 1957, avec une prédilection pour la musique expérimentale, ce qui augure de ses futures contributions au cinéma. Passé par la Rai (télévision publique italienne), ce sont ses compositions pour des chansons de variété qui le font remarquer des cinéastes pour composer la musique de leurs films.

Sergio Leone remarque l’une d’elles et fait appel à Ennio Morricone pour la musique de son deuxième long métrage, Pour une poignée de dollar (1964). Ce film stylisé codifiera le western spaghetti, dont le succès perdurera jusqu’au seuil des années 1970. Morricone y introduit ce qui fera sa patte, l’usage de sons et d’instruments inattendus : sifflement, coup de fouet, cloche, guitare acoustique et électrique, chœurs d’onomatopées… Leone, désarçonné, n’y croit peut-être selon Morricone. Mais l’écho foudroyant de sa musique auprès du public le convaincra, et il fera appel à lui jusqu’à son dernier film Il était une fois en Amérique en 1984.
Signataire des musiques de westerns pour Leone, Morricone est systématiquement engagé, mais il et veut sortir de ce carcan. Ses vœux seront rapidement exaucés. Il compose pour tous les genres de films : thriller, fantastique, amour, films d’auteur… de l’Italie aux États-Unis, en passant par la France.

Giuseppe Tornatore, pour lequel Ennio Morricone compose sa dernière BO, réalise un documentaire classique sur le musicien, dont l’originalité se suffit à elle-même. Morricone se confie alors qu’il vit ses dernières années. L’étonnement émane de la précocité du compositeur, d’images de reportages où il apparaît trompette aux lèvres à une dizaine d’années, d’apprendre que Leone et Morricone étaient dans la même classe à l’école sans le savoir, et des témoignages de nombreux cinéastes. Prolifique autant que mystérieux, le voile se lève sur Ennio Morricone.

L'affiche d'

Genre : Documentaire
Réalisateur : Giuseppe Tornatore
Acteurs : Ennio Morricone, Bernardo Bertolucci, Marco Bellocchio, Dario Argento, Paolo et Vittorio Taviani, Clint Eastwood, Quentin Tarantino, Roland Joffé

Pays : Italie
Durée : 2h36
Sortie : 6 juillet 2022
Distributeur : Le Pacte

Synopsis : UN l’âge de 8 ans, Ennio Morricone rêve de devenir médecin. Mais son père décide qu’il sera trompettiste, comme lui. Du conservatoire de musique à l’Oscar du meilleur compositeur, l’itinéraire d’un des plus grands musiciens du XXe siècle.

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