Hier soir à Liverpool… Les Rolling Stones

Loïc Grasset, envoyé spécial à Liverpool

Mis à jour le

Mick Jagger et les siens ont rendu hommage aux Beatles lors de leur show au stade d’Anfield. Nous y étions.

« Ca faisait sacré un bail ! » « Comment at-on pu attendre si longtemps avant de revenir ici ? ». Sur la scène d’Anfield, Mick Jagger et Keith Richards n’ont cessé deux heures durant de réclamer leur amour de Liverpool et le bonheur d’y retrouver leur public pour la première depuis… 1972, date de leur dernier concert ici. « Les autres », qui, au final, n’auront été leurs rivaux putatifs que pendant moins du sixième de leur carrière étaient déjà séparés depuis deux ans

Dans une ville qui se targue, en toute humilité, de posséder les deux clubs les plus célèbres du monde, « The Cavern », là est ou né le mythe Beatles et le FC Liverpool, les « Reds », Mick Jagger avait, depuis deux jours, multiplié les « teasings » : clichés à Matthew Street, devant la statue de Cilla, gloire locale, ancienne dame-pipi de « The cavern » avant de faire une jolie petite carrière dans la variété, instantanés devant l’Empire Theatre, l ‘Olympia liverpuldien et les Trois Grâces, trois bâtiments emblématiques de la Skyline du début du XXème siècle. « Il y a si longtemps que je ne suis pas allé à Liverpool – j’ai hâte d’être à Anfield demain soir ! », tweettait, mercredi, pour ses fans celui qu’il faut appeler ici Sir Michael Philip Jagger.

La suite après cette publicité

Mick Jagger à Liverpool.

Mick Jagger à Liverpool.

© Loïc Grasset

L’échelle sur les bords de la Mersey, l’opus 3 du « Sixty Tour », qui scande avec fierté l’âge du groupe, était sans doute la plus symbolique des quatorze dates de la tournée européenne. Les abonnés du stade avaient bénéficié d’une billetterie prioritaire. Mick Jagger, fan de foot et supporteur inconditionnel de la sélection anglaise, y compris personnellement.

La suite après cette publicité

Un hommage à Charlie Watts

Si le concert débute, comme à Madrid et Berlin, par un hommage à Charlie Watts –« la première fois que l’on vient en Angleterre sans lui »- on est très vite rassurés sur la vitalité de Mick Jagger, Keith Richards et Ron Wood , 231 ans à eux trois. A l’âge ou le thorax se désaxe, les taux se dilatent et le sternum se dégomment les trois brontosaures du rock ne sont pas prêts pour les canapés confiance et les soirées bingo. Ils pètent la forme. Cela se voit. Taille de guêpe, déhanchements d’adolescent, Mick Jagger multiplie les sprints et les pas chassés sur le podium.

Le public, conquis d’avance est composé de fans de 27 ans à 87 ans avec une sur-représentation de crinières d’argent et d’estomacs un peu lâches. Il fallait patienter 20 minutes pour acheter un T-shirt collector à 50 euros. Personne ne porte de boule-quiès. On est là pour écouter du bon son et s’en faire péter les mirettes

La suite après cette publicité

La suite après cette publicité

Au quatrième morceau, Jagger suggère que le groupe pourrait jouer une interprétation de “You’ll Never Walk Alone”, vieux standard de Gerry and the Pacemakers, autre groupe du cru et surtout l’hymne de l’équipe de football des Reds. « Mais nous avons décidé de reprendre une chanson écrite par d’autres gars de la région », s’emballe le leader des Stones. Donc nous faisons ça spécialement pour vous, Liverpool, OK ? ».

Et le groupe de se lancer dans “I Wanna Be Your Man”, la chanson classique écrite par John Lennon et Paul McCartney, mais publiée à l’origine par les Rolling Stones. Le duo de compositeurs des Beatles l’ayant donné à ses homologues en 1963, permettant aux Stones d’atteindre la douzième place du classement britannique. La version des Beatles sera publiée trois semaines plus tard sur l’album « With the Beatles ».

Sur le reste de la performance, notre rock-érudite heureuse spectatrice du concert inaugural de Madrid a tout dit et parfaitement dépeint les hauts et les bas du spectacle. Ils n’ont pas toujours exécuté le morceau phare de 1966 « Mother’s Little Helper » mais répété pour cette tournée. Comme à Madrid et Munich, la deuxième partie du show ou les Cailloux roulants se la jouent facilement et permettent abondamment dans l’armoire est jubilatoire avec une mention spéciale pour « Sympathy for the devil », le morceau le plus attendu du concert par les fans juste pour le plaisir d’ululer , Hou, Hou, Hou Hou … Hou Hou Hou Hou

Comme le groupe tardait à revenir sur scène après le rappel, tout Anfield a entonné a capella « You’ll Never walk alone », le « encore » comme disent les Britanniques et les classiques des classiques : « Gimme Shelter » et « (I Can ‘t Get No) Satisfaction ». Prochaine étape, lundi 13 juin, à Amsterdam.

En concert le 19 juillet à Lyon (Groupama Stadium) et le 25 à Paris (Hippodrome de Longchamp).

Setlist du 9 juin, Liverpool, Anfield Stadium

1/ Combattant de rue

2/ 19ème dépression nerveuse

3/ Ça déchire,

4/ Dé culbutant

5/ Je veux être ton homme

6/ Hors du temps

7/ Vous ne pouvez pas toujours obtenir ce que vous voulez

8/ Vivre dans une ville fantôme

9/ Les femmes Honky Tonk

10/ Connexion

11/ S’éclipser

12/ Tu me manques

13/Randonneur de minuit,

14/ Démarre moi

15/ Peignez-le en noir,

16/ Sympathie pour le Diable,

17/ Jumpin’ Jack Flash.

Bis:

18/ Donne-moi un abri

19/ (Je ne peux pas obtenir non) Satisfaction

Leave a Reply

Your email address will not be published.