Hier soir à Paris… Kiss

Les Américains sont venus faire leurs adieux avec un show délirant et extravagant. Nous y étions.

Ils n’ont clairement plus l’âge de ce genre de bêtise, Gene Simmons, 72 ans, Paul Stanley, 70 ans ont décidé de mettre leurs costumes de scène au vestiaire en 2018, se lançant dans une vaste tournée d’adieux. Quatre ans plus tard, voilà donc Kiss pour un dernier concert à Paris, dans une Accor Arena pas tout à fait pleine, mais totalement fournie à la cause rock.

Baiser à Paris mardi soir.

Baiser à Paris mardi soir.

©Pierre Hennequin

Après une prestation aussi intense qu’efficace de The Last International, les lumières s’éteignent à 21h15. «Vous vouliez le meilleur, vous avez le meilleur» annoncent les hauts parleurs, «Mesdames et messieurs, bisous!» Alors que le rideau tombe dans un fracas pyrotechnique hallucinant, Gene Simmons, Paul Stanley et Tommy Thayer ont présenté suspendus dans les airs, lançant «Detroit rock city». Un son un peu cradingue accompagne l’affaire, mais peu importe, le démarrage est si spectaculaire que tout peut leur être pardonné ! D’autant que les septuagénaires en ont encore sous le capot et vont le fonctionner durant les deux prochaines heures avec notamment ce « Shout it out loud » qui fait rugir Bercy.

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Les Américains sont venus faire leurs adieux avec un show délirant.

Les Américains sont venus faire leurs adieux avec un show délirant.

©Pierre Hennequin

Dans un français hasardeux, Paul Stanley exulte « nous sommes si heureux d’être ici ce soir. C’est notre dixième concert à Paris, il y a eu l’Olympia et puis d’autres. Alors ensemble nous allons remonter le temps». Car oui Kiss avec vingt disques studios au compteur a de quoi raconter une histoire du rock. Ce sera d’abord «Deuce» pioché dans leur premier album, puis «Heaven’s on fire» tube de 1982 -époque où les musiciens avaient décidé de ne plus apparaître masqués, suivis de «I love it loud», tout droit sortis des années 80. Au fur et à mesure du concert, il y a quelque chose de charmant à voir des vieux messieurs -dont l’âge et les manèges sont cachés par leur maquillage vintage. Quelque chose de touchant à se comporter comme les mômes de 25 ans qu’ils ne sont plus -poussant la nostalgie jusqu’à diffuser des images d’eux plus jeunes sur l’écran de fond de scène.

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Kiss à l'Accor Arena, mardi.

Kiss à l’Accor Arena, mardi.

©Pierre Hennequin

Kiss était à Paris mardi soir.

Kiss était à Paris mardi soir.

©Pierre Hennequin

Et dans le fond, rien n’a changé depuis 74 : Kiss balance des riffs, Paul Stanley fait le show, admirant son postérieur sur ce même écran géant, alors que Gene Simmons donne le tempo d’un rock classique, mais diablement efficace. Derrière eux Tommy Thayer et Eric Singer font le boulot, prenant la lumière quand les patrons le décident. «Lick it up» autre titre des 80’s retrouve de jolies couleurs, quand Thayer et Stanley duettisent avec leurs guitares. Mais «Tears are fall» ou «Psycho Circus» donnent un sacré coup de mou à un concert pourtant bien lancé jusqu’ici. Roublards, les musiciens vont alors sortir la potion magique : il y aura Gene Simmons qui crache du sang avant de jouer dans les airs « God of thunder ». Puis Paul Stanley qui traverse la salle sur un filin avant d’attaque « Love Gun » et un final dansant sur « I was made for lovin’ you » qui fait enfin lever les gradins.

Kiss pour un dernier concert à Paris.

Kiss pour un dernier concert à Paris.

©Pierre Hennequin

Kiss a beau avoir usé ces artifices depuis des décennies, Paris rougit de plaisir devant les énergumènes pailletés. Eric Singer s’empare du micro pour conclure le set sur un « Black Diamond » enlevé. Au rappel ce même chanteur apparaît au piano pour interpréter la ballade «Beth». Gene Simmons promet aux parisiens « que nous ne vous oublierons jamais ». Paul Stanley semble même un poil ému au moment du salut final. “Merci d’avoir été là avec nous pendant toutes ces années”. Et c’est sur un «Rock and Roll all nite» que Kiss disparait. Un dernier éclat glam… Avant le prochain ? « Franchement, vous nous imaginez porter ses costumes à plus de 75 ans » s’amuse à répondre à Stanley et Simmons aux médias en ce moment. Pour les retardataires, il reste encore deux concerts à venir en France…

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Le 30 juin à Pérouges (Le Printemps de Pérouges) et le 5 juillet à Nîmes (Festival de Nîmes)

Kiss à l'Accor Arena, mardi.

Kiss à l’Accor Arena, mardi.

©Pierre Hennequin

Setlist du 7 juin, Paris, AccorArena

1/ Detroit rock city
2/ Criez-le fort
3/ Diable
4/ Machine de guerre
5/ Le paradis est en feu
6/ Je l’aime fort
7/ Dis oui
8/ Gin froid
9/ Lèche-le
10/ Appeler le Dr Love
11/ Les larmes coulent
12/ Cirque Psycho
13/ Dieu du Tonnerre
14/ Pistolet d’amour
15/ Je suis fait pour t’aimer
16/ Diamant noir
17/ Beth
18/ Est-ce que tu m’aimes
19/ Rock and Roll toute la nuit

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