Isabelle Adjani revient sur sa prise de poids sans tabou

Isabelle Adjani est rare, mais ses interviews sont d’autant plus réfléchies et passionnées. Dans la dernière en date, l’actrice analyse son prix de poids au début des années 2000. Un mécanisme de défense, à la lecture.

Isabelle Adjani est nul doute l’une des dernières étoiles françaises. Multiple dans ses choix, ses réincarnations. Toujours aussi magnétique, malgré ses éclipses plus ou moins longues. Jamais inintéressante, quand elle parle de son métier et de la célébritéde ses amours et de ses emmerdes… bref, de la vie tout court. Alors qu’elle incarne Marilyn Monroe dans Le Vertige Marilynau Théâtre de l’Atelier, elle a évacué la question du temps qui marque : “Je passe mon temps à oublier mon âge”confiait-elle à ELLE, en mai dernier. Aupres du site troiscouleurs.frla comédienne – qui a monté les marches de Cannes verser Mascaradenouveau film de Nicolas Bedos, et sera à l’affiche Pierre de Kantsa première collaboration avec François Ozon, le 6 juillet – s’exprime sur le diktat des apparences, et plus particulièrement sa prise de poids, au début des années 2000.

Ces kilos en tropIsabelle Adjani en parle comme d’une carapace, d’un écran de protectionderrière lequel elle s’est retranchée. “Il y a eu un passage où j’étais en guerre avec mon corps. Il ne pouvait plus exister au cinéma pour exprimer un attirant féminin. C’était un moment de souffrance”confie Isabelle, connue, scrutée, critiquée depuis l’âge de 14 ans, moins familière avec l’anonymat qu’avec la célébrité. Absolutiste dans sa carrière, comme dans ses histoires d’amour parfois brûlantesl’actrice affirme même avoir fait “un rejet saboteur” de rôles qu’elle aurait pu incarner.

Isabelle Adjani heureuse que ses jeunes consoeurs ne cèdent pas à “cette autodestruction”

Isabelle Adjani, au Festival de Cannes, en mai 2009.
© BORDE-JACOVIDES / BESTIMAGEIsabelle Adjani, au Festival de Cannes, en mai 2009.

“Ce qu’on ne pouvait plus utiliser de façon cinégéniquement aphrodisiaque, je l’ai utilisé pour faire oublier justement cette image, et pour me mettre au service d’autre chose. Comme avec La Journée de la jupe“, poursuit-elle, faisant allusion à son grand retour au cinéma en 2009, avec le film de Jean-Paul Lilienfeld dans lequel elle incarne une professeure en pleine implosion, qui prend sa classe en otage. Isabelle Adjani se dit heureusement “de voir des jeunes femmes ne pas passer par cette autodestruction pour dire ce qu’elles veulent et ce qu’elles ne veulent pas.” Admirative d’une Adèle Haenel ou de sa nièce Zoé Adjani, incarnation d’une certaine résilience à ses yeuxelle résume : “Moi, je ne suis pas d’une génération qui me permet de le faire facilement.”

La mise en scène de soi sur les réseaux sociaux la fait “complètement flipper”

Une nouvelle svelte, promu égérie l’oréal parismannequin occasionnel pour la marque AMI, Isabelle Adjani garde une même distance avec les réseaux sociaux. Elle ne les boude pas – son compte Instagram, qu’elle utilise essentiellement pour la promotion de son travail d’actrice, est suivie par près de 80 000 abonnés. Elle refuse par contre de s’y perdre : “C’est dangereux pour les personnes sujettes à la dysmorphie, à la remise en question de son identitéce phénomène qui touche surtout les ados”, plaide-t-elle. Elle a d’ailleurs mis en garde son plus jeune fils Gabriel-Kane Day-Lewisaujourd’hui âgé de 27 ans. “Il a enfin réussi à modérer – j’espère que ça sera pérenne – cette façon de se mettre en scène. C’est comme une libido de la vie qui arrive, et puis ça fini en priapisme. Ça, ça me fait complètement flipper”, dit-elle. Isabelle est peut-être une femme normale, comme les autres, en fin de compte.

Crédits photos : CYRIL MOREAU / BESTIMAGE

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