“Je voulais mourir et la peinture m’a sauvé”, connu en Amérique, il crée un atelier dans le Var

Saint-Aygulf verra bientôt un nouvel atelier ouvrir ses portes… Jean-Marc Calvet, artiste peintre mondialement connu, revient s’établir dans le Var, après l’avoir quitté pendant plus de 20 ans. “Je suis parti longtemps mais j’ai toujours eu l’envie de revenir. L’atelier que je suis en train de construire, c’est la concrétisation de ce projet”, développer le peintre. Dans le local de plus de 80m2il prévoit très bientôt de peindre les créatures mi-divinités mi-démon qui l’ont fait connaître.

De vives couleurs, des personnages fantasmagoriques… les peintures de Jean-Marc Calvet se réservent entre mille. Et elles sont si singulières qu’il est difficile de leur affilier un genre. “Ça se rapproche peut-être du néo-impressionnisme, de l’art urbain et du figuralisme. Certains ont même dit que ça s’apparentait à de l’art natif. Personnellement, je ne sais pas trop comment qualifier mes peintures. Elles sont à la fois un peu de tout ça et un peu de moi”, hasarde-t-il en un sourire communicatif.

“J’ai longtemps choisi la fuite en avant”

Si l’artiste peint aujourd’hui quasi quotidiennement, ça n’a pas toujours été le cas. Il n’avait pas touché à un pinceau jusqu’à ses 37 ans. Et sa vie était à l’époque très différente. “J’ai eu un parcours assez atypique. J’ai été à la rue, fait des bêtises et vécu certaines choses… Ça n’a pas toujours été facile et j’ai longtemps choisi la fuite en avant.” La Corse, les États-Unis, le Costa Rica, le Nicaragua… Jean-Marc Calvet a beaucoup voyagé et vécu mille vies. Un coup de légionnaire, un coup de garde du corps, il cherche à combler un vide dont il n’arrive pas à se défaire. “J’ai fait des tas de choses mais j’étais au final très autodestructeur. J’en suis arrivé à un point où je voulais mourir. J’étais limité déprimé et rachitique. C’est là que j’ai découvert la peinture , par hasard”, explique-t-il.

Dans une maison qu’il vient d’acheter au Costa Rica, il trouve de vieux pots de peinture. En essayant de les ouvrir, leur contenu lui explose à la figure et il a le déclic. “J’en ai mis de partout et ça m’a fait un bien fou, alors j’ai étalé de plus en plus de matière sur le mur, jusqu’à me mettre à peindre au doigt.” Et depuis ce jour, il ne s’est plus jamais arrêté. Il peint, compulsivement. “C’est – enfin c’était – les seuls moments où je me sentais bien. Je ne pouvais pas arrêter, il fallait que je peigne absolument”, note-t-il. Au-delà de la simple passion, la peinture devient pour lui une thérapie, l’unique a choisi lui permettant de rester équilibré. Il couche sur la toile les démons de son passé, les émotions qui le traversent et ce faisant, chasse ses idées noires.

Il n’avait pas la prétention de faire quoique ce soit de plus de ses œuvres.

S’il peignait simplement pour apaiser son âme, la vie en un décidé autrement. Pour un temps restaurateur, il affiche deux de ses toiles dans son établissement. L’une d’entre elles accroche l’œil d’un galeriste new-yorkais en vacances. Séduit par son travail, il lui offre une exposition.

Quelques mois plus tard, ses peintures se trouvent affichées entre Chelsea et le Village, en plein cœur de New York. “J’ai vendu ma première toile pour 2.500 dollars, je ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait. J’avais l’impression d’arnaquer l’acheteur. Comment pouvait-on investir une somme pareille dans mon travail ? Je me suis dit que j’allais me faire arrêter par la répression des fraudes”, agréable-t-il chaleureusement.

“Peindre, c’est transmettre une énergie”

Sa carrière ne fait alors que débuter. Ses œuvres trouvent place dans de nombreuses expositions mais aussi dans des musées, où elles résident de façon permanente. Parce que Jean-Marc Calvet n’a jamais laché son pinceau : depuis plus de 20 ans, la peinture fait partie de sa vie. Et il ne l’envisage pas sans. “Peindre c’est extérioriser ses émotions, c’est transmettre une énergie qu’on nous a donnée. Je dirais même plus, c’est partir à la recherche de soi. L’art c’est humain, c’est la vie “explique l’artiste avec un enthousiasme sans faille.

Et c’est aussi cet aspect de son travail qu’il veut mettre en avant. Pour cette raison, il travaille actuellement sur la création d’un livre, en collaboration avec Marina Hadley, sa galeriste et amie new-yorkaise.

“Ce ne sera pas des mémoires, je ne pense mériter un tel honneur, mais ça reviendra sur le lien entre mes expériences de vie et ce que je crée. Comme je le disais, l’art est très lié à la vie, à ce qui se passe dans nos têtes et c’est ce sur quoi se résume le livre”, terminer-il humilité.

Pour ceux qui voudraient admirer son travail, ici dans le Var, il exposera quarante-huit de ses œuvres à la Villa Aurélienne. Jusqu’au 15 juin, du mardi au dimanche, “Contes et couleurs” est ouvert au public, en accès libre.

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