La chanteuse et comédienne Dani, connue pour son rôle dans “La Nuit américaine”, est morte à l’âge de 77 ans

La chanteuse Dani, qui fut aussi actrice, mannequin ou meneuse de revue et connut un come-back en 2001 avec la chanson Comme un boomerang, est décédée lundi à 77 ans, a indiqué mardi à l’AFP son manager. L’artiste est morte des “suites d’un malaise” dans la région de Tours où elle résidait, at-on appris de même source.

Elle est venue de finir la tournée de son dernier album Horizons Dorés et elle achevait déjà la préparation d’un nouvel album. Dani avait choisi d’appeler ce nouveau disque Attention Départ. “Nous étions prévenus, elle avait juste oublié de nous dire qu’il serait imminent”a écrit dans un message Facebook son entourage professionnel.

“Rien n’était plus important pour elle que créer, chanter, être autorisé de ceux qu’elle aime”, peut-on encore lire. “Si Dani a inspiré tant d’artistes – photographes, cinéastes, paroliers, compositeurs, metteurs en scène – c’est qu’elle était un souffle de vie puissant, une nature entière, débordante d’amour et d’énergie”ajoute encore son management. “C’est un vrai personnage, elle a une vraie épaisseur, chez elle pas d’afféterie, elle ne joue pas un rôle, il y a un vrai désir de sculpter une trajectoire d’artiste”décrivait à l’AFP en 2020 Bertrand Dicale, spécialiste de la chanson française.

Dani fut la reine du “Paris by night” des années 70, aux commandes alors de L’Aventure, night-club branché, version française du mythique Studio 54 de New York. François Truffaut a choisi pour le rôle de Liliane dans La Nuit américaineOscar 1974 du meilleur film étranger.

Née en 1944 d’un père cordonnier et d’une mère vendeuse de chaussures – tous deux d’origine catalane – Dani quitte Perpignan à 19 ans pour Paris et l’Ecole des Beaux-Arts. Elle s’y fait rapidement remarquer pour sa silhouette. De 1964 à 1966, elle travaille comme photographe pour le journal Jours de France. “À mes débuts, j’étais dans l’inconscience totale. Espérant poser pour des photos de mode, j’ai frappé à la porte de ‘Jours de France’, le seul magazine qu’on lisait à Perpignan avec ‘Elle'”confiait-elle à l’AFP en 2016. La semaine suivante, elle est en couverture.

La jeune fille entreprend une carrière de mannequin. Elle fréquente les lieux branchés de la capitale – le Café de Flore, chez Castel … – et y rencontre qui deviendra son mari, Benjamin Auger, alors photographe de Salut les copains. En 1966, elle se tourne vers la musique et sort son tout premier disque Garçon manqué, le début d’une longue discographie. Son premier tube parait deux ans plus tard : Papa vient d’épouser la bonne.

Sa carrière débute : elle chante au côté de Tom Jones à l’Alhambra. En 1974, elle est sélectionnée à l’Eurovision pour représenter la France, avec la chanson La vie à vingt-cinq ans. Finalement, la télévision française la retire du spectacle et ne diffuse pas la compétition prévue le 6 avril, jour de deuil national dû à la mort du président Georges Pompidou. La chanteuse poursuit sa route et fait la première partie de Claude François.

Puis, le cinéma l’adopte : elle rencontre François Truffaut ou encore Claude Chabrol. Elle se fait remarquer dans La Nuit américaine réalisé par le premier, ou Une affaire de femmes, création du second. Elle tourne aussi à la télévision au côté des acteurs et actrices comme Michel Bouquet et Claude Jade. Directrice d’une discothèque à Paris, L’Aventureelle devient l’égérie des nuits parisiennes, avant de se retirer quelques temps dans sa maison dans le Vaucluse.

En 1987, l’ex-égérie yéyé raconte sa descente aux enfers dans Drogue la galère. Boudée par les maisons de disques à cause de sa fréquentation des paradis artificiels, elle est revenue sur le devant de la scène grâce à Etienne Daho en 2001. Ce dernier lui propose de chanter en duo Comme un Boomerangtitre composé pour elle par Serge Gainsbourg mais recalé pour l’Eurovision et oublié. “Etienne Daho m’avait dit ‘Si tu veux t’en sortir, il faut rechanter’. Je lui avais répondu ‘t’es malade ou quoi ?’ (rires).

Depuis, elle avait retrouvé un statut d’icône, qui l’embarrassait. “Il y a un côté figé alors que j’ai l’impression d’être dans le mouvement”confiait-elle à l’AFP en 2020. Elle préférait parler d’un “parcours atypique” – mannequin, chanteuse, actrice, meneuse de revue, fleuriste… “Est-ce qu’on m’a choisi ou est-ce que c’est moi qui ai choisi ? Va savoir !”s’interrogeait Dani dans son autobiographie La nuit ne dure pas.

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