« Lipsync », « House », « Slay »… Petit lexique pour comprendre l’art du drag

Dix candidats, des mini-défis et des performances mêlant comédie, chant et danse : Drag Race France, la franchise hexagonale de la célèbre émission de RuPaul a débarqué sur les télévisions ce week-end pour un premier épisode. Une émission culte adaptée pour le public français, mais qui conserve ses codes et surtout… son vocabulaire. Si vous vous êtes retrouvés un peu perdus après ce premier épisode, voici un petit lexique des mots à connaître quand on parle de drag.

Glisser

C’est le terme qui revient le plus, et pourtant qui est le plus difficile à définir. Certaines sources indiquent qu’il serait les initiales de « DRess like A Girl » (habillé comme une fille, en français), en référence aux acteurs du XIXe siècle portant des habits féminins dans les pièces shakespeariennes, les femmes n’ayant pas le droit de jouer au théâtre à cette époque. Cependant, l’origine du mot reste incertaine.

Le drag décrit une pratique artistique consistant à incarner un personnage en utilisant des costumes, du maquillage… Avec ce personnage, les drags performent, à travers du chant, de la danse, du stand-up.

On parle de drag queens quand le personnage incarné revêt des caractéristiques féminines : c’est le type d’art le plus connu, et très représenté dans Drag Race France. Les drag-queens jouent ainsi sur les codes de la féminité, en utilisant des corsets, des talons hauts ou du maquillage flamboyant.

Les traîne les rois, eux, jouent sur les codes masculins, avec par exemple des moustaches, barbes et vêtements masculins. Le type de drag ne dit rien de l’identité de genre de la personne qui performe, ni de son orientation sexuelle.

Ces définitions ne sont pas exhaustives : ces dernières années, on retrouve aussi des performeurs et performeuses qui se revendiquent du « Drag Fuck » ou du « Drag Genderfluid ». Ainsi, leur art ne sert plus à présenter des caractéristiques masculines ou féminines, mais à créer leur propre personnage, sous forme de créature.

Transformisme

Le Cabaret Michou lors de la première soirée
Le Cabaret Michou lors de la première soirée – Cabaret Michou

C’est un peu le cousin éloigné du Drag. Les transformistes sont des artistes qui eux aussi, utilisent maquillage, costumes et perruques pour se transformer… Mais le transformisme se base sur l’imitation : les artistes cherchent à rechercher le plus possible à une personne souvent connue, comme Cher ou Céline Dion par exemple .

À Paris, on retrouve du cabaret transformiste chez Michou, haut lieu de spectacle à Montmartre. Mais contrairement aux transformistes, les Drag ne cherchent pas à ressembler à une célébrité connue… Mais créent leur propre personnage.

RuPaul

C’est sans doute la Drag-queen la plus connue au monde : RuPaul Andre Charles multiplie les casquettes, de la chanson au cinéma. RuPaul se fait connaître au début des années 1990 au sein de la scène club new-yorkaise, avant de produire ses propres disques et d’avoir sa propre émission de téléréalité dès 2009, désormais mondialement connue, Course de dragsters de RuPaul. De par sa présence médiatique, beaucoup que RuPaul a révolutionné la représentation de la communauté LGBTQ + à l’écran.

L’émission Course de dragsters de RuPaulqui en est aujourd’hui à sa 14e saison, avec plusieurs déclinaisons par pays et une diffusion sur Netflixa donné une visibilité internationale à l’art du drag, non sans créer quelques conflits : de nombreuses critiques ont émané de la communauté LGBTQ + accusant l’émission de rendre le drag « mainstream » et de le dépolitiser.

Culture du ballon

La « culture ball » est une sous-culture LGBTQ+ née aux États-Unis dès la fin du XIXe siècle, avec une vitesse croissante au cours du XXe siècle, notamment les années 1990. Ces événements, créés par des drags noirs et latinos, visaient à combattre le racisme vécu dans les scènes de drags traditionnelles. Au fur et à mesure, ces événements ont été un lieu de fête et de lutte pour les femmes trans non-blanches, victimes de discriminations. Les des balles sont des lieux où les participants et participantes peuvent danser (notamment en faisant du voguer), montrer leur drag, et participer à des compétitions selon des thèmes donnés. Le drag et la culture ball sont intimement liés.

Loger

Terme issu de la « boule culturelle », les maisons représentent des « maisons », à savoir des communautés de performeurs et performeuses. Ces familles choisies servent de refuges à des jeunes LGBTQ + qui entrent sur la scène Balle et/ou faites glisser. En rentrant dans une maison, chaque artiste se voit attribuer une « Mère » (mère) qui lui servira de guide et de mentor. Dans les différentes éditions de RuPaul’s Drag Race, on a pu voir de nombreuses drag-queens appartenir à différentes Maisons de grandes villes américaines.

Synchronisation labiale

De l’anglais lèvre (les lèvres) et synchroniser (synchronisation), le synchronisation labiale désigne le fait d’interpréter une chanson sans la chanter, en playback. Les synchronisation labiale sont des performances assez caractéristiques dans les shows drag, où les drags jouent à interpréter la chanson en la mimant et bougeant les lèvres, et souvent en exagérant, comme au théâtre. Ces performances peuvent inclure de la danse, voire des acrobaties. Dans l’émission de RuPaul, l’animatrice demande aux candidats de « Lipsync pour votre vie », à savoir de performer un synchronisation labiale pour éviter d’être éliminée de la compétition.

Rembourrage/Tucking/Contouring

Pour certaines drag-queens, quand elles se fondent dans le personnage, il s’agit de répondre au maximum aux stéréotypes de la féminité : hanches larges, poitrine imposante, visage fin… De fait, les drags peuvent utiliser des subterfuges pour gonfler leurs hanches et leurs fesses, avec ce qu’on appelle du rembourrage, sorte de remplissage qu’on cale sous les vêtements. De même, les drags peuvent utiliser du maquillage pour faire du modelage, et ainsi sculpter leur visage avec des traits plus fins ou plus marqués. Enfin, pour les drags ayant un pénis et qui n’ont pas envie que celui-ci se voie sous leurs vêtements, le rentrer est une technique pour le cacher.

Tuer

C’est une onomatopée qui ne se limite pas au cercle de drag, mais beaucoup utilisée dans certaines émissions comme Course de dragsters de RuPaul (et dans la discographie de Beyoncé). Le terme « tuer » signifie tout simplement que quelque chose a choisi de déchirer ou de défonce. Pendant la compétition, les drag-queens peuvent se dire entre elles qu’une compétitrice a « tuer », ou l’encourager avec ce terme, et ainsi rappeler sa confiance en elle.

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