« Lomepal, Kendji et Christophe Maé, c’est du spectacle total »

Michel Goudard, directeur d'Euterpe promotion.


Michel Goudard, directeur d’Euterpe promotion.

Thierry David

Vous êtes le producteur historique d’Arènes en scène, à Bayonne, et c’est la première année, où la situation est compliquée…

C’est vrai, ce n’est pas simple ! Le monde du spectacle vivant enchaîné les coups durs : la pandémie de Covid, le rapport des tournées et des dates qui s’entrechoquent, le pouvoir d’achat en berne lié aux prix qui augmentent, du carburant au matériel, le manque de main-d’œuvre, la guerre en Ukraine… N’en jetez plus, la coupe est pleine. Malgré tout, on est là et on propose trois dates de haut niveau à Bayonne.

Les festivals privilégier, à l’image de ce qui se passe dans le secteur du cinéma…

Oui, à part les très gros festivals, comme le Hellfest, en juin dernier, qui a changé, c’est dur pour tous les autres événements où l’on constate une désaffection du public. Et puis, on en parle moins, mais il y a aussi le coût du matériel qui a explosé, des transports et de la main-d’œuvre, à cause d’une pénurie réelle. Certains artistes ont annulé des dates en raison de ces soucis techniques.

« Se payer un spectacle en famille à 40 ou 50 euros le billet, cela peut revenir très cher, j’en suis conscient. »

C’est le cas de Patrick Bruel ?

En fête. Patrick Bruel a rencontré des problèmes d’acheminement de matériel et ne veut pas proposer un spectacle au rabais. Il y a des annulations ou des rapports parce que la logistique ne suit pas : lumière, son, image…

De la programmation initiale, il ne reste que Kendji et Christophe Maé. Ces lunettes seront-elles maintenues ?

Bien sur ! Un autre souci, c’est que ces dates sont des rapports, liés au Covid. Ces grands artistes ont sorti leurs albums il y a un certain temps et ne sont plus trop dans l’actualité aujourd’hui. Leurs titres récents ne tournent plus en radio. Mais Christophe comme Kendji ont rempli les zéniths cet hiver et leurs shows, accompagnés de musiciens de haut niveau, sont à la hauteur de leur réputation. Ils sont déjà venus aux arènes et je peux vous dire que leurs concerts, c’est du lourd, du spectacle total, très vivant !

Rempliront-ils les arènes ?

On l’espère ! Vous savez, à Bayonne, c’est particulier, car nous avons à 90 % un public local ! L’idée de départ d’Arènes en était scène de proposer l’été aux spectateurs basques des productions de haut vol qu’ils ne peuvent pas voir durant l’année car il n’y a pas de salle de type zénith sur la Côte basque. Après, nous touchons très peu d’estivants. Et puis, il y a aussi une question de pouvoir d’achat. Se payer un spectacle en famille à 40 ou 50 euros le billet, cela peut revenir très cher, j’en suis conscient.

Certains ont reproché une programmation sans réelle nouveauté…

Il y a surtout, je l’ai dit, des rapports, donc il s’agissait de dates contractuelles. Mais je peux déjà vous dire que nous avons bloqué quatre dates pour l’été 2023 avec des artistes qui ne sont jamais venus à Bayonne. Nous allons étoffer la programmation, en tenant compte aussi de la tenue d’un autre festival de plein air attendu en ville au stade Jean-Dauger (1). Mais nous n’avons eu aucun échange avec eux (NDLR : l’Aviron Bayonnais rugby pro et Olympia).

Question finale : comment expliquer que Lomepal a rempli les arènes en deux jours ?

Le rap est le genre musical du moment. Le public est très jeune et suit ces artistes. En plus, Lomepal, que l’on coproduit avec Bleu Citron, est un artiste rare, après une pause, le Parisien a sorti un titre et fait une tournée de quelques dates dans le sud de la France. L’attente est immense et son succès n’a rien d’étonnant…

Pratique

Kendji Girac : de 39 à 63 euros. Christophe Maé : de 42 à 69 euros. Billetterie en ligne pour les concerts d’Arènes en fête sur bayonne.fr.

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