Matthieu Chedid : “Je garde un souvenir explosif des concerts aux Déferlantes”

Matthieu Chedid viendra réveiller les Déferlantes de sa Rêvalité, son nouvel album sorti le 3 juin dernier, ce vendredi 8 juillet sur la scène d’Aubiry à Céret.

Vous êtes venu plusieurs fois dans le département sur scène mais aussi en résidence, vous vous êtes installé dans les murs du Mediator pour la création de Je dis Aime (1999). Quels souvenirs vous évoquent les Pyrénées-Orientales ?

Exact, exact. Je me rappelle très bien car c’est le moment où je rencontre Bruno (Cali). C’était il y a bien longtemps, mais c’était une très belle rencontre humaine.

Personnellement, avez-vous des attachés dans le coin ?

Oui, enfin pas très loin d’ici. À Cucugnan justement. J’ai une grande passion pour Roland Feuillas qui est un boulanger philosophe. Il est à la tête des Maîtres de mon moulin. Il fait du pain avec des farines très anciennes. Il fait des choses exceptionnellement délicieuses avec toute une démarche écologique exemplaire. J’aime tellement cet homme que nous avons fait des chansons ensemble, notamment une pour le Secours Populaire qui s’appelle Crois au printemps, il a écrit tout le texte. C’est un poète, un artiste. Je suis aussi très inspiré par les châteaux cathares.

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En parlant de châteaux, vous connaissez celui de Valmy à Argelès-sur-Mer, vous allez découvrir celui d’Aubiry à Céret, savez-vous à quoi il ressemble ?

Non, pas du tout. Racontez-moi.

Vous jouez toujours dans un château Petersen mais celui-ci sera un peu plus cossu. Le terrain de jeu passe de 2 hectares à 10 hectares.

Ah oui d’accord ! C’est vrai qu’à Argelès c’était un lieu un peu confiné. Mais j’en garde un souvenir explosif. C’était toujours des concerts extrêmement forts. Je me souviens d’une intensité particulière et de beaucoup de joie.

Vous allez présenter votre mise en scène de la Rêvalité. Vous n’opposez pas le rêve et la réalité mais vous les laissez, comment cela se traduit-il sur scène ?

Pour moi, la mission que l’on a en tant qu’artiste, c’est de mêler le rêve et la réalité. C’est regarder une œuvre et ne plus savoir si on l’a rêvée ou l’a vécue. Faire cohabiter le visible et l’invisible pour que tout cela ne fasse qu’un. Je suis convaincu que notre existence est mêlée de rêve et de réalité. Dans “Rêvalité”, on entend aussi le “rêve alité” comme si nous étions dans un monde où le rêve n’était plus possible. Mon message c’est aussi : réveillons-nous et restons connectés à nos rêves. Je me rappellerai toujours d’un ami libanais, né sous les bombes en pleine guerre, m’expliquant que, sans rêve, il ne serait plus en vie aujourd’hui.

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De quoi rêvez-vous en ce moment ?

D’alchimie entre les mondes. De la fusion. De mélanger les différences que ce soit en musique, en image, en poésie…

Vos rêves vous inspirent-ils ? Êtes-vous de ceux qui notent les rêves au réveil pour ne pas les oublier ?

Je ne les note pas demander mais il m’arrive de me réveiller d’un rêve et d’avoir une mélodie que je garde en tête. Ou une image qui me vient. C’est aussi pour cela que je fais un hommage à Fellini dans mon album car c’était un réalisateur qui notait ses rêves, les dessinait parfois.

Vous préparez vos concerts avec beaucoup de minutie, quand vous jouez pour des festivals où les scènes sont partagées d’heure en heure par plusieurs artistes, cette précision est-elle chamboulée ?

Ça la simplifie car il faut aller à l’essentiel. Aux Déferlantes, à part s’il y a du vent ou des bourrasques (rires) cela devrait aller. Mais c’est surtout le temps qui est réduit. Ça donne un côté un peu plus rock au concert. En festival je vais faire beaucoup moins de chansons de mon dernier album car j’aime faire plaisir aux gens et jouer leur madeleine de Proust. Je me sens obligé pour leur plaisir et le mien de jouer les chansons qui font partie de l’histoire de mon parcours.

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Lors de votre dernière tournée, vous avez été accompagné sur scène par des musiciens robots, cette fois vous n’êtes plus seul sur les planches. Aviez-vous besoin de retrouver la chaleur humaine ?

Oui. La dernière fois, je voulais questionner commenter l’homme se retrouver seul avec des machines au détriment de l’humanité. Par réaction, j’avais déjà en tête l’excitation de me dire”Quel bonheur ce sera quand je vais retrouver des vrais musiciens“. Maintenant, je suis avec une équipe très inspirante et inspirée.

Qu’est-ce qu’on peut vous conserver ?

De rester toujours aussi présent. Je vis les moments traduits avec beaucoup d’enthousiasme, de joie et de gratitude. Je n’ai ni envie de plus ni de moins. J’espère continuer d’avoir la sensation d’être à la bonne place. C’est très agréable pour un terrien.

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