Miss.Tic, la pionnière du street art décédée dimanche, a laissé sa signature à Lille et à Roubaix

Emportée par la maladie, la reine du pochoir drôle et tragique avait exposé il y a une chez Art to be Galery, un galeriste du Vieux Lille. Plusieurs de ses œuvres avaient aussi fleuri sur les murs de la métropole, à Lille et Roubaix notamment. Comme l’artiste, certaines semblent avoir disparu. Hommage.



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À Lille, il faut aller rue Voltaire, dans le Vieux Lille. Sur la façade du Nº23, Miss.Tic ya laissé une de ses œuvres qui ont fait la gloire de cette pionnière du street art, cet art de la rue qui s’exprime sur les murs. Rue Voltaire, donc, sur les portes de la trappe qui mène à la cave, on y découvre, peint au pochoir, une femme brune – son crédo – dont le baillon dit beaucoup. « Assignée à résistance », un joliment légendé Miss.Tic qui, de son vrai nom, s’appelait Radhia Novat. Plus connue sous son nom de plasticienne des rues, elle est décédée dimanche à Paris des suites d’une longue maladie comme on dit pudiquement.

Il y a un an chez Art to be Galerie dans le Vieux-Lille.  Photo La Voix
Il y a un an chez Art to be Galerie dans le Vieux-Lille. Photo La Voix

« La rue était sa galerie, le marcheur son visiteur… »

Si elle travaillait surtout dans la capitale, elle ne snobait pas la province. Il ya un an, elle était ainsi l’invitée du galeriste de la rue Saint-André, Art to be Galery où elle avait exposé durant un mois. La Voix du Nord l’y avait rencontrée. Miss.Tic en avait profité pour laisser sa signature sur plusieurs immeubles de la rue. Manifestement, certaines ont disparu. C’est aussi le cas à Moulins, rue de la Plaine, où le pochoir qu’elle avait peint sur une palissade a été recouvert de peinture fraîche. Le galeriste lillois a, lui, mis en vitrine une des toiles de la plasticienne, qui était également poète. Ses pochoirs étaient à la fois drôles, tendres et violents, pudiques et érotiques. « La rue était sa galerie, nos murs sa toile et le marcheur son visiteur », a commenté le ministère de la Culture à l’annonce de son décès.

À Roubaix aussi, son souvenir témoigne…

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À Roubaix, l’artiste honoré de sa présence la dernière édition du festival des cultures urbaines, en juin 2021, diffusé dans la ville deux pochoirs impressionnants. Le premier a été réalisé rue des Champs, près du Musée la Piscine, à deux pas d’une œuvre réalisée par fils ami Jef Aérosol. « Vivre, c’est de la bombe », at-elle écrit dans son style reconnaissable entre mille. Un message qui résonne tristement depuis son décès.

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L’autre pochoir a été peint sur un mur de la rue du Curé, dans le centre-ville. Il lance au passant que « la poésie est un luxe de première nécessité ». Une façon, peut-être, de souligner l’importance de la culture, pas toujours considérée comme essentielle, loin s’en faut, pendant la période du covid. Miss.Tic a aussi participé au parcours dép’art urbain, dans le parking de la gare de Roubaix. Son pochoir « permis d’éconduire » a été la dernière d’une série de vingt interventions d’artistes dans ce lieu conçu comme une galerie d’art à ciel ouvert.

gare de roubaix



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