Montceau-les-Mines : association Humanité – Montceau News

Eugène Janko, peintre biélorusse réfugié politique expose ses œuvres au siège de l’association Humanity, au 58 rue de la Loge à Montceau-les-Mines.

Un moment émouvant et riche de sens pour ce peintre, arrivé en 2019, pour cette première exposition sur le sol français.

En effet, arrivé en 2019, Eugène a vite rejoint en famille le café social de l’association pour partager des moments d’échanges avec de nouvelles personnes de tout horizon qui lui ont permis de se transmettre avec la langue dans un cadre bienveillant.

Il a pu renouer avec la peinture lors de ces rendez-vous hebdomadaires.

L’association développe pour une dizaine de personnes l’action « Make a wish ». C’est dans ce cadre que s’inscrit cette exposition.

Nous avons donc rencontré Eugène dans les locaux de l’association Humanity pour une discussion avec l’intervention d’une interprète russe.

Pourquoi et comment êtes-vous arrivé à Montceau-les-Mines quand on vient de Biélorussie ce n’est pas la 1ère destination à laquelle on pense ?

Je suis arrivé en France en août 2019 avec ma famille. Opposant politique, j’ai dû fuir la Biélorussie pour ne pas finir en prison. J’ai demandé la protection à l’État français qui nous a accordé le statut de réfugié politique. Arrivés dans un premier temps à Paris, puis Dijon, nous avons été redirigés sur Montceau-les-Mines. Désormais, nous habitons à Blanzy.

Comment êtes-vous venu à la peinture ? Et pourquoi la peinture ?

Très tôt, depuis l’enfance, ma mère m’emmenait voir des expositions deux fois par an, à Moscou et à Saint-Pétersbourg. J’ai toujours évolué dans ce bain culturel, de la peinture. Finalement, ce fut une évidence.

Depuis 26 ans, Yauheni peint et il signe ses tableaux Eugène Janko.

Comment décririez-vous votre art ? Vos influences ? Vos inspirations ?

Pendant l’enfance, j’étais passionné par le dessin puis par l’impressionnisme et l’abstraction. Puis, un jour, j’ai vu dans une revue, un tableau d’un peintre français, Rosa Bonheur, « Labour à Nevers ». C’est vraiment l’une des peintures qui a été adaptée à mes futures créations.

30 ans après, par la force du destin, je me retrouve en Bourgogne où ce tableau a été peint !

Quels sentiments, quel message ou émotions voulez-vous transmettre dans vos œuvres ?

Chaque jour, on le vit différemment. On sent des émotions différentes chaque jour, chaque tableau exprime un sentiment différent.

Quand je peins un paysage, je vais laisser sur la toile mon ressenti, au moment où je réalise l’action et que j’observe la Nature. Il s’agit de mettre en adéquation ces deux moments où la perception des choses et le ressentiment convergent.

Quelles techniques utilisez-vous ? Et quel est votre processus de création ?

J’utilise de l’huile sur toile. C’est tout.

Je voyage beaucoup. Je marche, je fais de longues promenades.

Les tableaux exposés ici, sont des alentours de Blanzy. Quand je trouve un beau paysage, je réalise un croquis, une esquisse puis je prends des photos pour les détails.

Surtout en hiver, des photos.

Mais je recherche longtemps un paysage que je reproduis sans rajouter d’éléments. Il est tel qu’il est. C’est un long travail d’observation qui demande une grande minutie, de la précision et de la concentration pour trouver les bonnes couleurs et les bons tons et rendre compte de la lumière.

Comment évolue votre pratique au fil du temps ?

Comme chaque peintre, chaque nouveau tableau est un pas en avant.Chaque tableau comme une nouvelle expérience. Mes goûts, mes influences ont évolué avec le temps. Je me suis petit à petit orienté vers le réalisme pour me spécialiser dans la peinture de paysages. Un paysage, c’est calme et apaisant. Dans plusieurs années, la quiétude des lieux sera la même…

Quels sont vos projets ?

Je veux faire ce que je faisais en Biélorussie. C’est à dire peindre, être peintre comme depuis 26 ans. Continuer !

On ne peut pas ne pas évoquer la situation en Ukraine ? La proximité avec la Biélorussie ?

C’est difficile d’en parler. De nombreux biélorusses soutiennent l’Ukraine et beaucoup sont morts. Certains de mes amis sont morts aux côtés des Ukrainiens. Les biélorusses espèrent que la défaite de Poutine mettra fin à la dictature en Russie et en Biélorussie.

« Ma Patrie, tu m’es très chère,

Je n’ai pas la force de t’oublier » (Yakub Kolas)

L’association Humanité

L’association Humanity, créée en mai 2016, a pour objectif principal de créer des liens entre les personnes réfugiées et la société d’accueil. L’association HUMANITY œuvre pour l’autonomie des réfugiés en agissant avec eux, et non à leur place.

« Nous avons refusé des cours de FLE, une aide à l’installation, un soutien psychologique ».

L’association développe ses missions autour de 4 pôles : Solid’Air, Social, FLE – formation des bénévoles et Culturel – sensibilisation.

Visite de l’exposition : association L’Humanité, 58 rue de la Loge, Montceau-les-Mines

→ mercredi 6 juillet de 17h30 à 20h 00

→ vendredi 8 juillet de 15h 00 à 18h 00

JL Pradines

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