« Nous devons adapter la musique à l’ambiance »

Je connaissais un peu l’Orchestre montois, un peu les fêtes et les corridas puisque mes grands-parents habitaient à Saint-Pierre-du-Mont. J’ai fait le Conservatoire de Bordeaux où j’ai passé mon diplôme de trompettiste. Après, j’ai passé mon diplôme de direction d’orchestre et de professeur de trompette au Cefedem. Le projet semblait intéressant mais, parmi les trois derniers, je n’ai pas été retenu. Puis, on m’a rappelé au mois d’avril lorsque mon prédécesseur est parti…

Je connaissais un peu l’Orchestre montois, un peu les fêtes et les corridas puisque mes grands-parents habitaient à Saint-Pierre-du-Mont. J’ai fait le Conservatoire de Bordeaux où j’ai passé mon diplôme de trompettiste. Après, j’ai passé mon diplôme de direction d’orchestre et de professeur de trompette au Cefedem. Le projet semblait intéressant mais, parmi les trois derniers, je n’ai pas été retenu. Puis, on m’a rappelé au mois d’avril lorsque mon prédécesseur est parti. Il y a aussi le partenariat avec le conservatoire qui m’attirait, puisque le chef de l’Orchestre montois prend également en charge l’orchestre des petits du conservatoire. C’est quelque chose que je fais depuis des années et qui a du sens. Cette année, il y a un orchestre junior qui s’est formé et une dizaine de musiciens rentre à l’Orchestre montois. Il y a un parcours complet qui permet désormais de former jusqu’au bout les musiciens.

Comment avez-vous préparé cette Madeleine 2022 ?

Différemment puisque ancré dans une année complète. Nous avons eu depuis le début de l’année le concert de la Sainte-Cécile, une participation au marché de Noël, puis le concert du Nouvel An et le concert de printemps. Il a fallu reprendre les bonnes habitudes. Pour moi, en tout cas, les considérant parce qu’elles n’étaient pas encore tout à fait prises. Nous avions beaucoup de travail entre la messe, la procession, les spectacles taurins et le renouvellement du répertoire qui est important. Mais on n’a pas non plus un temps infini pour répéter donc on ne peut pas tout modifier. On répète tous les vendredis, c’est toute l’année comme ça. Et quand la Madeleine approche, des répétitions ont également lieu les mardis. Nous avons en plus ajouté deux journées complètes de travail. En moyenne, les répétitions font entre deux et trois heures et, la journée, il faut compter six heures. On essaie surtout de répéter ici, au Plumaçon.

Qu’est-ce que ça change de s’entraîner en conditions réelles dans les arènes au niveau du son ?

Ce sont des conditions semi-réelles parce que les arènes sont vides. L’acoustique y est différente lorsqu’elles sont remplies par près de 6 000 personnes. Surtout, lors des grands moments de silence ou des grands moments de ferveur. Mais pour nous, répéter dans les arènes reste important. J’en avais besoin, les musiciens aussi. On ne travaille pas de la même façon dans une salle de répétition que quand on est ici. Parfois, on répète sur la piste dont on s’est servis pour s’entraîner à la procession, pour pouvoir être debout et jouer en marchant. Sinon, on répète la majeure partie du temps dans le palco, ce qui permet déjà d’avoir une disposition qui n’est pas tout à fait la même que quand on répète en orchestre. Là, on rentre à peu près entre 40 et 60 musiciens. Dans ce dernier cas de figure, alors que nous sommes serrés, il nous faut quand même trouver nos marques, s’habituer au son que l’on produit. Il y a beaucoup plus de sens à être ici. D’abord parce que nous savons ce que nous avons à faire et dans quelles conditions. On se met tout de suite dans les conditions pour jouer un pas où les introductions sont souvent assez imposantes.

Comment choisir quel morceau sera joué à tel instant, pendant la corrida ou pendant la procession ? Est-ce qu’on s’accorde sur le moment ?

Lors de la procession, tout est calé. Elle dure près de 40 minutes, on fait en général tourner trois ou quatre morceaux. Pour les corridas on fait une pré liste d’une quarantaine de morceaux. Il y a six toros par corrida. On affecte un paso par toro, suivant aussi la tauromachie de chaque torero et le toro en face, mais ça peut au dernier moment changer. On demande aux musiciens d’apporter tous les morceaux à chaque fois, et aussi de moduler le tempo et d’apporter certaines nuances à leur jeu. Quand il y a un moment de ferveur, l’arène qui tape des mains, qui est en pleine liesse, même si la partition indique de jouer piano, je fais un signe à l’orchestre pour jouer fort. On doit adapter la musique à ce qui se passe, à l’ambiance, mais c’est plus difficile pour un musicien de jouer très piano que de jouer fort. Ils veulent être entendus. En règle générale, on joue entre huit et dix morceaux, dont le paseo et la dernière arrastre.

Comment gérer le renouvellement de ce répertoire qui reste traditionnel ?

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