On a visité en avant-première l’exposition événement de l’été au MIB, “Picabia pique à Ingres”

l’essentiel
Vendredi 8 juillet, le public pourra découvrir au musée Ingres-Bourdelle de Montauban l’exposition « Picabia pique à Ingres ». L’aboutissement d’un travail de longue haleine pour faire découvrir un artiste qui a créé une bonne partie de ses œuvres en s’inspirant d’Ingres.

Sans le Covid, cette exposition n’existerait pas. C’est de la bouche de Jean-Hubert Martin, qui a été conservateur pour les musées européens prestigieux comme le musée d’Arts modernes – Centre Pompidou à Paris, que la révélation est faite.
Lors de l’été 2020, à Montech il se met à penser à une exposition entre Ingres et Francis Picabia. Beaucoup de choses relient en plus les deux artistes. Douze et séparent la mort du premier et la naissance du second, Picabia a eu connaissance sur le tard des œuvres d’Ingres mais son travail lui plaisait. Toutes ces anecdotes sont autant de raisons pour lancer la machine de la création de l’exposition.

La directrice du musée Florence Viguier explique que Picabia a adapté les œuvres de son inspiration aux techniques de l’époque et précise que « c’est l’une des premières fois qu’un artiste utilise de la peinture industrielle pour créer ses œuvres ». Et dès la première pièce de l’exposition, on se rend compte de la différence entre le style classique d’Ingres qui détonne avec le dadaïsme, mouvement propre aux peintures du début du vingtième siècle.

D’Ingres, tout y passe, les tableaux, les croquis, les gravures etc. Certaines œuvres adaptées par Picabia sont si troublantes qu’un profane en art pourraient y reconnaître les œuvres les plus célèbres de l’artiste. Que nenni. Les choix de Picabia sont de dérouter le spectateur et de faire en sorte que l’œuvre ne soit pas uniquement un repère d’initiés.

Picabia le provocateur

Au-delà des œuvres inspirées du travail de Jean-Auguste Dominique Ingres, Francis Picabia provoque. Florence Viguier dit de Picabia « qu’il est un grand provocateur et qu’à travers la provocation certains fantasmes sont mis en avant ». On comprend son analyse en voyant certains tableaux sexuellement explicites mais sans tomber dans l’offense.

Un portrait photo de Francis Picabia que l'on pourra voir à partir de vendredi au MIB.

Un portrait photo de Francis Picabia que l’on pourra voir à partir de vendredi au MIB.
Reproduction DDM – KB

Peu importe ce que chaque tableau montre, il y a toujours au moins un élément faisant penser à l’artiste de Montauban, mais pas que. Dans la multitude d’œuvres exposées, certaines ont également été inspirées d’autres artistes comme Jacques-Louis David et son œuvre Orphée montrant ainsi l’étendue du talent de Francis Picabia.

Des œuvres prestigieuses prêtes au musée

Afin de pouvoir mettre cette exposition en marche, diverses œuvres ont été prêtes au musée Ingres-Bourdelle. Des tableaux venus du musée d’Orsay et du Louvre à Paris permettent de limiter l’étendue du talent de Francis Picabia tout en mettant en avant les œuvres originales. Pour les œuvres conservées dans des musées dans d’autres pays, des projections numériques permettent de superposer les œuvres pour permettre les meilleurs effets. C’est le cas avec La Nuit Espagnole de Picabia que le musée n’a pas pu avoir mais qui est diffusé.

La conservatrice Florence Viguier lève le voile sur des dessins d'Ingres.

La conservatrice Florence Viguier lève le voile sur des dessins d’Ingres.
DDM – Ko

Le ballet Relâche de Picabia est aussi diffusé au cours de l’exposition car l’artiste n’était pas seulement peintre. En 1924, il avait réalisé ce ballet avec l’aide d’Erik Satie à la musique.
Cette exposition, sur laquelle une trentaine de personnes ont travaillé, permet à tout profane de découvrir un nouvel artiste. Un artiste qui a son monde et son style mais qui s’inspire et parodie le travail des plus grands. Cette exposition est accessiblee vendredi à 18 h 30 et pour le premier week-end, son est gratuit pour tout le monde.

Plus de 3 mois d’exposition

Pour faire durer le plaisir des yeux, le musée Ingres-Bourdelle présentera cette exposition pendant plus de trois mois. Pour 10 € par personne mais avec des tarifs réduits pour certains (séniors, étudiants…), l’exposition vous accueille du mardi au vendredi de 10h à 19h et jusqu’à 21h le jeudi. L’accès au musée est gratuit tous les premiers dimanche de chaque mois. Elle prendra fin le 30 octobre, le temps de ravir les touristes et locaux.
Vendredi 8 juillet, jour du vernissage, à noter à 18h30 le concert de la chanteuse cubaine Irina Gonzalez installé dans la région.

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