«On avait l’impression qu’il était là» : l’émotion des fans de Hallyday à la première de la tournée «Johnny Symphonique»

« Johnny Hallyday, Johnny Hallyday, Johnny, Johnny, Johnny Hallyday. » Nous n’avions pas entendu le chant traditionnel des fans depuis la tournée des « Vieilles Canailles »sa dernière, en 2017, année de son décès. Mais les fans étaient impatients mercredi soir à la salle Pleyel (Paris VIIIe) de découvrir en live le « Johnny Symphonique » d’Yvan Cassar, deux albums posthumes imaginés et réalisés par celui qui fut pendant vingt ans pianiste et chef d’orchestre du Taulier, deux disques qui se sont vendus à 600 000 exemplaires.

Maïs un succès commercial ne fait pas un succès sur scène. La tournée « Johnny Symphonique », qui aurait dû démarrer en mai en province, a d’ailleurs été reportée d’un an, pour se donner toutes les chances de séduire et de remplir. Et on se demandait bien ce que l’on trouverait mercredi soir dans cette salle où Johnny n’a jamais chanté. Commentaire Yvan Cassar arriverait-il à marier la voix d’Hallyday avec un orchestre symphonique et un chœur, comment son image serait-elle associée à la musique ? Ne serait-ce pas trop morbide ou du moins décalé ?

Yvan Cassar a répondu en voyant du lourd d’entrée, comme le faisait Johnny : « Que je t’aime », « Diego, libre dans sa tête » et « Quelque chose de Tennessee ». Pris par la puissance des deux premiers et la douce émotion du troisième, touché par les images d’archives de Johnny sur scène chantant comme s’il était en direct sur cinq grands écrans, les fans ont lâché leurs premières larmes. Quand le chef d’orchestre a pris la parole après ce trio gagnant, une belle ovation l’a retenu. « Je suis très ému de vous retrouver autour de notre Johnny, at-il dit, la voix tremblante de trac. Grâce à vous, on va réaliser ce rêve un peu fou. »

Pendant près de deux heures, il a reçu des dizaines de « merci Yvan », « bravo Yvan », qu’il a partagé avec les 58 musiciens de l’Odyssey Symphony Orchestra, deux guitaristes et les 30 choristes parisiens de Spectaculart, qui les ont rejoint sur la moitié du répertoire et ont transmis à chaque fois une émotion et une puissance quasi opératique. La salle Pleyel s’est levée plusieurs fois, pour acclamer leurs versions épiques de « Requiem pour un fou », « Vivre pour le meilleur », « La musique que j’aime », « l’Envie » et « Allumer le feu » .

« On l’a fait ensemble. Et continuez ! »

Sur cette dernière, Yvan Cassar a encouragé le public à se lâcher. Probablement impressionnés par la solennité de la salle Pleyel, les fans étaient assez sages. Beaucoup chantaient les textes par cœur, quelques-uns levaient les bras au ciel sur les mezzanines, mais peu osaient se mettre debout. « Je me suis retenu, par respect pour les Parisiens, nous avoué en sortant Caroline, une fan venue de Liège, en Belgique. Mais au fond de moi, c’était un vrai volcan. C’était un moment exceptionnel. Nous étions aussi heureux qu’émus. »

S’accompagnant parfois au piano, Yvan Cassar a interprète une rareté, « Ce père que je n’ai jamais eu », un titre de 1974 que Johnny chantait peu sur scène. « Il était toujours stressé par cette chanson », at-il commenté. En hommage à son ami cinéphile, il a aussi joué un extrait emblématique de la bande originale du film « Inception » d’Hans Zimmer, un des compositeurs préférés de Johnnyet une version « à la Morricone » du « Pénitencier » avec des images de Johnny chevauchant dans les grandes plaines américaines.

Après une sublime reprise du « Je ne regrette rien » de Piaf en rappel, les applaudissements et les vivats ont duré longtemps. Le chef d’orchestre était visiblement touché. « J’avais tellement peur, at-il avoué sur scène. Mais voilà, on l’a fait ensemble. Et continuez ! » Après la deuxième date parisienne, ce jeudi soir à la salle Pleyel, le « Johnny Symphonique Tour » passera dans 17 villes à partir du printemps 2023. Dithyrambiques, tous les fans que nous avons croisés nous ont affirmé qu’ils y seraient.

Roland à même pris… 55 billets pour le concert à Strasbourg. « Quand on aime, on partage, sourit ce fan de Colmar âgé de 67 ans, qui a vu une centaine de fois Johnny sur scène. Je suis venu ce soir avec ma femme, mes deux filles et mon fils. Nous avons besoin de garder un lien avec Johnny, de retrouver la communion de ses concerts. Avec Yvan Cassar, on a partagé une grande émotion, on avait l’impression qu’il était là… » « Et qu’il allait débarquer sur scène à chaque chanson, ajoute Annie, une admiratrice d’Orléans qui a 282 concerts de Johnny au compteur. J’ai beaucoup pleuré. Mais ça m’a fait beaucoup de bien. »

« Johnny Symphonique », ce jeudi 9 juin, à la salle Pleyel (il reste quelques places), 252 Rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris (VIIIe) et en tournée à partir du printemps 2023.

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