«On rêve de créer un festival à Saint-Étienne»

Un concert à Sainte-Sigolène, en Haute-Loire, vous êtes un peu chez vous ?

Théo : « Oui, plus jeunes, on venait se baigner et faire du canoë à Aurec-sur-Loire. Mais pour la musique, c’est la première fois qu’on se produit dans le département. »

Cet été, vous enchaînez les festivals. Est-ce qu’on peut considérer les Victoires de la musique comme une explosion dans votre carrière ?

Raphaël : « Nous, on n’aime pas vivre les choses de cette manière-là. Les gens nous demandent si sur un percé. On aime plutôt les trajectoires crescendo avec des progressions assez lentes sans moment de saturation. Il faut savourer les choses quand elles sont là et les vivre avec plaisir. »

Vous avez commencé par des titres centrés autour de la disparition de votre père. Pour l’écriture de votre deuxième album, qu’est-ce qui vous inspire cette fois ?

Raphaël : « On va raconter la vie qu’on va traverser et qu’on traverse déjà aujourd’hui. Le monde tel qu’il est. Ce qu’on va pressentir de ce qu’il va advenir. »

Vous écrivez actuellement ?

Raphaël : « Sur la route entre deux festivals, on a du temps pour écrire, pour réfléchir, lire des choses. »

Théo : « Je prends plus de plaisir à composer qu’à écrire. Je vais souvent à Marseille en ce moment, proche de la mer Méditerranée. Je sens que l’écriture va arriver. »

Un jour, vous avez dit à votre frère « Viens on crée un groupe ». Aujourd’hui vous rêvez de quoi ?

Raphaël : « Au début, on s’est dit, on va essayer de s’élever, on va élever nos chemins d’existence par la beauté. C’était ça qu’on s’était dit. »

Théo : « Et ça a été la musique, notre oncle était musicien. C’était le média de la famille. »

Vous avez bien toujours un rêve ?

Théo : « Faire la meilleure musique qui soit. C’est irrésolu. On peut faire ça toute sa vie si on veut. »

On aimerait créer un festival avec des artistes locaux dans le château de la Perrotière, à 400 mètres de là où on a grandi. On aimerait bien que Bernard Lavilliers vienne

Vous auriez imaginé faire autre chose ?

Théo et Raphaël : « Non. On s’est mis dos au mur et on a mis dos au mur notre famille pour qu’il n’y ait aucune autre possibilité. »

Vous avez fait un duo avec Pomme, avec Lavilliers… Est-ce qu’il y a d’autres projets en route ?

Théo : « Pour l’instant, rien de prévu mais de souhaité, oui. C’est avant tout le fruit de rencontres. Avec vous, pourquoi pas ? Si vous jouez d’un instrument baroque, genre le téorbe, je vous prends direct dans mon prochain album ! » (rires)

Raphaël : « Il y a un joueur de oud et chanteur qu’on aime beaucoup : Dahfer Youssef. Je pense qu’un jour on va se retrouver à faire de la musique avec lui. »

Théo : « Oh putain le kiff ! On l’a rencontré un jour par hasard à la Maison de la radio à Paris. Pour nous, c’est un héros. C’est comme s’il vous a pensé assis à côté de Sting ou Bono, le haut du panier, des gens inatteignables. »

Un mot sur Terrenoire, vos racines ?

Théo : « Un de nos rêves devrait justement créer un festival à Terrenoire. On ya pensé en 2019, on avait commencé à en parler au maire et à monter une équipe de production et puis le Covid a tout stoppé. »

Raphaël : « Ce serait avec des artistes locaux dans le château de la Perrotière, à 400 mètres de là où on a grandi. On aimerait bien que Bernard Lavilliers vienne. Soit pour chanter, soit pour déclamer des poèmes sous les arbres. S’il vient après ses deux zéniths, ce sera triomphal. Et on pourra mettre en lumière des artistes de Saint-Étienne et ses alentours, avec une place aux musiques traditionnelles de cultures diverses qui sont arrivées jusqu’ici. C’est notre histoire et celle de beaucoup de gens à Terrenoire. L’enjeu, c’est que les gens capables de se rencontrer. Surtout en ce moment. »

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