Pour les 30 ans des Vieilles Charrues, Matmatah remet la Ouache – Brest



Le dernier album de Matmatah date de 2017, la dernière scène de 2018. Depuis tout ce temps, où écrit-vous ?

En télétravail, comme tout le monde ! On avait commencé à faire un album et puis ce virus nous est tombé sur la gueule. On aurait dû le sortir plus tôt et partir en tournée. On a dû remettre ça à plus tard. Moi (Stan), le premier confinement m’a bloqué. J’avais l’impression que tout ce que je racontais dans les chansons écrites avant la covid était complètement obsolète. On partait dans un autre monde en se disant : on veut bien faire de la musique mais on va parler de quoi ? Au départ, je me disais qu’il fallait tout foutre à la poubelle et puis, finalement, avec le recul, ça prend un sens différent. Le prochain album, c’est un peu la chronique de ces quatre dernières années que j’appelle les covidiennes !

Pour ce retour en scène, mardi, la composition du groupe évolue avec un nouveau guitariste aux côtés des historiques ?

Il s’appelle Léopold Riou. C’est un nom qui n’est pas vraiment inconnu dans le coin, parce que c’est le fils de Jean-Pierre Riou, de Red Cardell. La première fois qu’on l’a vu, il avait… quatre mois ! On jouait avant Red Cardell en festival, son père l’avait pris dans ses bras sur scène. On n’avait peut-être pas imaginé, à ce moment-là, qu’il serait notre futur guitariste (rires).

À l’été 1999, sur un fait tous les gros festivals. On a commencé par Carhaix : on a trouvé tous les autres petits après.

Ce concert au Bon marché à Paris, mardi, un lieu à l’occasion des 30 ans des Vieilles Charrues. Un festival où vous êtes à la deuxième place des artistes les plus programmés depuis les débuts…

Alors on va remettre les choses en place : on est les recordmen absolus de la grande scène ! Ça sera notre sixième passage aux Charrues, sur un toujours fait la grande scène. On est toujours venu sous ce nom de groupe et toujours sur la même scène. Là, on fait le break en plus, parce que ceux qui nous suivent ne l’ont fait que quatre fois. C’est grisant d’être à Kerampuilh, tu ne peux pas imaginer. Tu as beau y jouer cinq fois, bientôt six, ça te remet en place. À l’été 1999, sur un fait tous les gros festivals. On a commencé par Carhaix : on a trouvé tous les autres petits après.

Vous avez déjà noté l’affiche de la 10e édition, en 2001. En quoi Matmatah de l’époque est-il différent de celui d’aujourd’hui ?

On est toujours là, déjà ! On s’est rendu compte qu’on sera les doyens cette année, on s’est dit : ça y est, c’est nous les vieux. En 1998, les anciens c’étaient les Wailers. Nous, on était les jeunes outsiders. Entre-temps, sur un pris 24 ans, un peu de blanc sur la barbe. Mais sinon, est-ce qu’on a vraiment changé ? (rires)

Dans votre histoire, les Vieilles Charrues marquent l’ascension de 1998, la séparation de 2008, les retrouvailles de 2016. Y at-il un lien sentimental avec le festival ?

C’est surtout la trajectoire du festival qui colle à la nôtre. On a explosé en Bretagne en 1998 et c’est aussi l’année où les Charrues sont arrivées sur le site de Kerampuilh. Les organisateurs étaient un peu plus âgés que nous – pas tant que ça – et sont devenus des potes. Il y a une histoire commune entre nous et le festival à partir de 1998-1999 et depuis, on revient l’un vers l’autre régulièrement.

Pour Pierre Perret, ça chantait « le zizi » jusqu’à la buvette, même les punks s’y sont mis. Il n’y a qu’à Carhaix qu’il se passe des trucs comme ça.

Quel est votre plus ancien souvenir des Charrues, hors des concerts de Matmatah ?

Je me souviens y être allé en 1997 avec Sammy, ça s’est passé encore sur la place à Carhaix. Il y avait James Brown, on s’est dit : tiens, ça serait sympa de jouer ici un jour. Et l’année suivante, on y était ! C’est la seule fois où j’y suis allé avant. Depuis, on a fait partie du jury du Tremplin des jeunes Charrues. Et en festivaliers ? Ça arrive, mais il faut avouer qu’on est des touristes privilégiés. C’est beaucoup plus fatigant que d’y jouer.

Est-ce qu’en 2022, le festival, lui, a changé par rapport à ses débuts en 1992 ?

Je ne peux pas parler de toutes les premières années, parce que je n’y étais pas. J’ai l’impression qu’il y a toujours eu de tout aux Charrues. Le festival s’est parfois fait cracher dessus parce qu’il n’était pas assez ceci, pas assez cela… Alors que quand tu es là-bas, les gens sont contents. L’affiche a toujours été éclectique : une fois, on était sur la même affiche que Charles Trenet, imagine ! Le festival qu’on a rencontré en 1998 en tant que musicien, il a évolué, il a un peu de blanc dans la barbe comme nous. Mais c’est le même. La tête d’affiche des Charrues, c’est le festival en lui-même. Les artistes se prennent une claque en jouant là-bas. Pierre Perret, ce n’est pas un lapin de six semaines quand même. Quand il est descendu de scène, il était en pleurs en disant qu’il n’avait jamais passé un moment comme ça. Ça chantait « le zizi » jusqu’à la buvette, même les punks s’y sont mis. Il n’y a qu’à Carhaix qu’il se passe des trucs comme ça.

Après cet anniversaire des Charrues, vous reprendrez la route en 2023. Avec une première date, le 3 mars 2023, à la Carène…

Et on va jouer ici pour la première fois de notre vie ! On a fait le Vauban, on a fait Plougastel mais à la Carène, jamais. Ça sera la première date de la tournée et ça va être une première pour nous ici, donc ça devrait être plutôt sympa je pense.

Cette tournée s’appuiera-t-elle sur un nouvel album ?

Oui, mais on n’a pas encore exactement la date de sortie de l’album. Ça se termine, là. Cette année, on n’était pas censé tourner, il se trouve qu’il y a les Charrues, donc on fait une exception !

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