Pourquoi le musée des Beaux-arts de Brest s’habiller-t-il si peu ? -Brest



Selon Tourisme Bretagne, la fréquentation du Musée des Beaux-Arts de Brest a oscillé entre 10 000 et 23 000 visiteurs sur ces trois dernières années, le classant entre la 13e et la 16e place des musées bretons. Est-ce une position digne de son rang ?

Reza Salami : « On est plutôt sur une fréquentation annuelle de 25 000 visiteurs. Mais oui, c’est sans doute insuffisant. Après, seulement 6 % de la population française va au musée, et beaucoup de Brestois ne connaissent pas ce musée, malheureusement. Mais nous avons effectivement l’ambition d’aller au-delà de ce seuil de 25 000 visiteurs annuels, et assez rapidement ».

Pourquoi ce musée s’habille-t-il moins de visiteurs que des musées davantage de niches, comme ceux de la pêche, des jouets et poupées, ou des Phares et balises ?

« Il faut remonter à son histoire, depuis la création du musée de Brest dans la Halle aux blés, en 1868, et l’inauguration du bâtiment actuel, en 1968, dans le carré des Arts, avec l’école des Beaux-arts, le Conservatoire de musique et la Bibliothèque d’études. Dès 1964, on a commencé à acquérir des tableaux avec les dommages de guerre et le budget de la ville, en s’orientant sur les œuvres de France et d’Italie des XVIIe et XVIIIe siècles. Aujourd’hui, nous avons 15 000 œuvres au musée. Le problème majeur, c’est qu’il a été intégré à une époque où il n’y avait pas cette ambition de médiation, et que la conservation n’était même pas un sujet. C’est pour cela que nous nous sommes qualifiés d’un projet scientifique et culturel en 2020, et que nous travaillons à un projet d’extensionpour avoir un musée qui colle aux préoccupations actuelles ».

Pourquoi mettre sur une extension, complexe et dépenser, davantage que sur un nouveau musée ?

« Cette question a hanté tous les élus en charge de la culture ces dernières années. Mais la question principale de l’écosystème du Carré des arts, au cœur de la ville, l’emporte sur toutes les autres considérations : on ne peut pas perturber tout cet écosystème, même si c’est plus simple et moins nécessitant de bâtir un nouveau musée ailleurs ».

Nous avons l’obligation de faire en sorte que ces 15 000 œuvres soient bien conservées et bien présentées, puisqu’aujourd’hui seule 185 sont exposées.

Quels sont les principaux axes du cahier des charges pour cette extension ?

« Nous avons l’obligation de faire en sorte que ces 15 000 œuvres soient bien conservées et bien présentées, puisqu’aujourd’hui seules 185 sont exposées, même si beaucoup sont prêtes dans le monde entier. On imagine également un espace de restauration et de rafraîchissement, une boutique, un espace de médiation… L’idée est de faire en sorte que les visiteurs soient plus nombreux, mais également qu’ils restent plus longtemps au musée ».

L’extension se fera donc sur la bibliothèque d’études ?

« Aucune délibération ne l’a encore affirmée. Mais c’est la logique : sur un cet espace important qui est disponible, au cœur du Carré des arts. Il faudra résoudre les problèmes d’accessibilité : on peut imaginer une passerelle entre les deux bâtiments, des ascenseurs pour les personnes handicapées ».

Nous avons plus d’œuvres de Pont-Aven à Brest que le musée de Pont-Aven ! Mais on ne peut pas concurrencer un nom et une histoire…

Où en est le dossier ?

« Des programmistes et un bureau d’études ont été missionnés pour nous aider à faire des propositions, et sur un fléché déjà près de 5 M€ pour cette phase. L’idée est de lancer le concours d’architecte d’ici fin 2023 et de pouvoir lancer le chantier avant la fin du mandat. Le projet lui, portera sans doute sur 25 à 30 M€ ».

Combien d’œuvres pourraient être exposées en permanence ?

« L’ambition est de faire en sorte que les gens restent au musée plusieurs heures. Personnellement, j’espère que l’on pourra approcher des mille œuvres ».

Quelle doit être la place du musée des Beaux-arts de Brest en Bretagne ?

« Nous avons plus d’œuvres de Pont-Aven à Brest que le musée de Pont-Aven ! Mais on ne peut pas concurrencer un nom et une histoire… Après, sans entrer dans une logique de concurrence, je suis certain que demain le musée sera bien plus attractif qu’aujourd’hui ».

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