Que devient Diam’s ? De « La Boulette » à « Salam », retour sur son parcours

L’annonce du documentaire “Salam” qu’elle co-réalise et qui sera présentée lors du festival de Cannes a réveillé la curiosité d’une génération et alimente les rumeurs d’un possible retour. Qu’est-elle devenue ? Pourquoi sa carrière éclair fascine-t-elle autant ?

1 – Jeune demoiselle rencontre un public

Née en 1980 à Chypre d’une mère française et d’un père chypriote, Mélanie Georgiades arrive en France à l’âge de trois ans après la séparation de ses parents. Dans l’Essonne, de Massy à Orsay, son adolescence est bercée par le rap de Dr Dre et de NTM, alors que le genre réalise une percée fulgurante en France. Dès l’âge de 15 ans, elle choisit son pseudo Diam’s, en référence au diamant qui ne se brise pas. Quatre ans plus tard, après plusieurs contributions dans des groupes, elle sort son premier album « Premier mandat » et dit adieu ses études, juste avant le bac.

Le début des années 2000 va lui permettre de décoller, après une rencontre avec le comédien Jamel Debbouze, qui lui ouvrira les portes des radios pour une médiatisation à la hauteur de son talent. Avec son deuxième album « Brut de femme », et le tube « DJ », son écriture percutante et sa personnalité affirmée explosent au grand jour. Premier disque d’or et première Victoire de la musique pour l’album rap de l’année en 2004.

Trois ans plus tard, la rappeuse est même devenue l’icône d’une jeunesse qui en redemande. Porte-parole de la cause des violences faites aux femmes dès 2006, elle raconte avoir été elle-même victime de tels traumatismes dans son adolescence. L’album « Dans ma bulle » sera celui de la consécration avec les succès immédiats de tubes comme « Jeune demoiselle », « La boulette » ou encore ce duo avec Vitaa « Confessions nocturnes ». Disque de diamant, l’opus est l’album le plus vendu de l’année 2006 en France, et offre à Diam’s trois NRJ Music Awards et une longue tournée dans tout le pays.

En 2009, son quatrième et dernier album « SOS » se vend à 300 000 exemplaires et souligne un vrai tournant artistique, avec une carrière davantage dédiée à l’humanitaire. Il marque surtout l’entrée de l’artiste dans des années plus sombres.

2 – Un silence, la retraite et l’exil

Après trois années sans projet médiatique, 2012 sera l’année où tout va changer, sonnant la fin de Diam’s, l’artiste. « S’il ya bien une chose que j’ai comprise, c’est que si tout le monde avait en tête le même objectif que Mélanie, se lever tous les matins en tenté d’être meilleure que la veille, le monde serait certainement aussi doux que ce bonheur qu’elle vit aujourd’hui. « écrit-elle dans son autobiographie, vendue à plus de 75 000 exemplaires, à l’heure où elle accueille aussi sa première fille Maryam.

Elle y raconte ses années difficiles où le ressort s’est cassé. Mélanie Georgiades souffrait dès 2007 d’une grave dépression, qui la conduira jusqu’à une tentative de suicide. Elle confie que sa conversion à l’islam dès 2008 lui aurait offert une raison de se sauver, alors que le succès lui a fait perdre ses repères. Des propos qu’elle répétera lors d’une interview mémorable de 2012 dans « Sept à huit » sur TF1, où la chanteuse, voilée, mettra confirmé un terme à sa carrière artistique. Dès 2009, des images publiées par Paris Match ont montré la chanteuse sortir d’une mosquée avec un voile islamique. Alors que le débat sur l’interdiction du voile intégral dans les lieux publics bat son plein en France, elle se retrouve au centre des critiques.

Suivront des années de silence, un exil vers l’Arabie saoudite, et de rares apparitions médiatiques qui feront espérer les fans… Mais Mélanie n’est pas redevenue Diam’s. Dans un deuxième livre en 2016, « Mélanie, française et musulmane », elle raconte « la difficulté d’être une femme voilée dans un pays en proie à des tensions identitaires et raconte sa vision de l’Islam ». En août 2019, dans une rare interview au média saoudien « Arab News », elle est revenue sur sa conversion et la manière dont elle l’a gérée auprès de son public et des médias français, sans regret sur son ex-carrière de rappeuse, « Je ne dirai jamais que ce n’était pas moi. Mais aujourd’hui, je suis comme ça » assumait-elle.

3 – De la déco au docu… de nouveaux projets

Si l’ex-chanteuse semble avoir tiré un trait sur le rap, elle ne reste pourtant pas inactive. Dès 2017, le Journal du Dimanche la croise de nouveau dans la région parisienne, alors que beaucoup de médias se pressent d’annoncer son retour en France. Elle confiait son souhait de lancer une marque de papeterie, « Mel by Mel ». Deux ans plus tard, sur Instagram, voilà que Mélanie Georgiades réapparaît de nouveau, cette fois autour d’un projet lié à la décoration et au design. Le compte « Home by Mel » fait la part belle à l’architecture d’intérieur, « Je partage avec vous mon amour du design et de l’architecture ainsi que mes propres projets dans ce domaine. » at-elle nommée à ses suiveurs. En 2020, des médias annoncent la création de son agence de voyagesconsacré aux pèlerinages vers la Mecque, en Arabie Saoudite.

Mais sa dernière annonce en date a fait l’effet d’une bombe, le 30 avril 2022. Sur ses réseaux sociaux, « Mélanie-Diam’s » a révélé qu’elle avait co-réalisé le documentaire « Salam », retraçant son parcours. Un film réalisé aux côtés des réalisatrices Houda Benyamina et Anne Cissé, sélectionné au festival de Cannes, et qui sortira en salles, seulement les 1er et 2 juilletavant sa diffusion à la rentrée par la plateforme Brut, productrice du film.

« Pendant des années, on a frappé à ma porte me demandant l’autorisation de mettre ma vie en scène, de la jouer, de l’interpréter. Des demandes nombreuses de documentaires, de biopics, de séries n’ont cessé d’affluer […] Alors j’ai repris la plume », écrit Mélanie. « J’ai voulu retourner sur mes traces et faire voyager le spectateur avec moi. Replonger dans mes souvenirs et leur redonner vie avec ma plume et la caméra. « Salam » m’a offert les moyens de raconter, avec ma vision, mon émotion et mes mots ce que j’appelle : Ma vérité. » , poursuit-elle. Une vérité que l’ex-chanteuse de 41 ans ne devrait pas venir commenter sur la croisette de Cannes dans quelques jours, de nombreux médias ayant confirmé qu’elle ne se rendrait pas sur la Côte d’Azur.

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