qui veut retourner au Hellfest ?

A ÉTÉ

Où sont passées les nuits endiablées où, avec quelques amis au grammage alcoolique dans le sang à la limite de la légalité, tous gesticulaient et hurlaient, guitare en plastique à la main, face à Guitar Hero ous Groupe de rock ? Après la vague de folie des rythm games portée par ces deux grands noms et leurs dizaines de spin-offs de 2005 à 2010, largement soutenue par le mode du motion gaming de la Nintendo Wii, le genre s’est totalement essoufflé.

Adieu soirées de folies. Adieu moments de convivialités entre gamers et néophytes, le soufflé est retombé aussi vite qu’il est apparu. Sentant le vent tourné, même Nintendo a fini par ranger le motion gaming au placard, lui préférant l’écran supplémentaire de la proto-Switch nommé Wii U. Quid des jeux musicaux ? Seul Ubisoft a tenu bon la barre en changeant de proposition, en promettant aux joueurs d’apprendre à jouer réellement de la guitare ou de la basse avec Forgeron.

Ragnarock : photoToi qui croise encore au motion gaming, abandonne tout espoir”

Alors que le genre du rythm game était quasi moribond, en 2018 le studio Beat Games l’a ramené d’entre les morts grâce à la VR avec Battre le sabreun mélange de Guitar Hero et de simulation de sabre laser, véritable hit aux 4 millions de ventes. Rapidement suivi par Pistolet Fouet et sa proposition de jouer les John Wick en musique, et par moult autres suiveurs plus ou moins heureux, le jeu musical revenait donc sur le devant de la scène vidéoludique.

Le Ragnarock des Lyonnais de WanaDevStudios s’inscrivent dans la lignée des grands noms Battre le sabre et Pistolet Fouet. Mais loin de singer ses modèles, Ragnarock un style su imposer son propre, tout d’abord en éliminant de l’équation l’électro et le dubstep pour aller frayer sur les terres du hard rock et du Metal. Puis en se débarrassant de l’attirail pseudo “apprenons la musique via le jeu vidéo”, et de la nécessité de gesticuler partout comme des pantalons désarticulés, il a su ne garder que l’essentiel : le fun.

Ragnarock : photoPmétier : garde-chiourmes

Bande de guerre : Ragnarock

WanadevStudios n’a pas choisi la facilité en optant pour le Metal. La fanbase Metal est plutôt difficile quand il s’agit de toucher à “sa” choisi, et peut vite bouder un titre qui n’aurait pas “l’intégrité” nécessaire pour utiliser son genre musical fétiche. Il ne suffit pas d’apposer un emballage graphique de types habillés en noir brandissant les Cornes du Diable pour satisfaire un tel public. Alors comment faire pour restituer l’intensité de ce style musical ? Fr déployant une énergie folle, presque juvénile.

Pour la direction artistique du titre comme pour son habillage graphique, le studio fait le meilleur des choix. Wanadev a choisi de s’éloigner des clichés du concert face au public à la Guitar Hero, en optant pour une esthétique low poly simple et efficace, et surtout en se trouvant en avant un lore viking très fédérateur (même si un peu cliché) pour le public Metal. Le joueur devient un Viking qui tape sur des tambours pour motiver ses troupes à faire avancer son drakkar vers le Valhalla.

Ragnarock : photorhum Hero : édition viking

Pas de guitare à l’horizon, ici le joueur devient un chef d’orchestre guerrier dont les armes sont ses percussions. L’avatar fait face à ses tambours, des runes défilent, en les frappant en rythme, le drakkar gagne en vitesse. Un principe simple, pour une prise en main immédiate. Avec un solide contenu de départ de 30 chansons Ragnarock donne de quoi faire, d’autant plus qu’il inclut un mode multijoueurs jusqu’à 6 assez grisant.

Mais là où le bât blesse, c’est que la playlist devient vite redondante, car trop fidèle à la ligne éditoriale visant presque exclusivement le rock celtique (Celkilt, Sons Of O’Flaherty), le power metal (Feuerschwanz, GloryHammer, qui a même eu droit à un DLC entier à sa gloire) et le Folk Metal (Alestorm, Wind Rose).

En résulte une bande originale débordante d’énergie, fédératrice et donnant envie de sauter à pieds joints en secouant la tête, mais qui manque de Metal extrême car les black, death ou thrash sont passés à l’as. Dommage que le titre ne se soit pas ouvert à une frange plus féroce du Metalcar si le jeu est de par son concept même assez répétitif dans son gameplay, la redondance musicale étouffe quelque peu l’expérience de jeu.

Ragnarock : photodirection le Valhalla

Le DLC Hellfest Raid qui change la donne

Courant juin 2022, Ragnarock s’est vu enrichi d’un DLC nommé Hellfest RAID. Un titre qui laisse peu de suspens quant au contenu de cette extension. Si sur le papier la collaboration semble opportuniste, il s’avère qu’elle est un atout non négligeable pour le jeu de base. Ce DLC transpire de passion pour le Hellfest, Disneyland du Métal de son état. Outre les voies navigables de Muspelheim ou de Midgard, il est désormais possible de faire voguer son drakkar sur les voies du festival de Clisson.

Les éléments principaux de l’identité visuelle du festival sont bien présents : le crâne géant aux papillons qui accueille les festivaliers dans le Market Place, l’iconique guitare géante, le scorpion de métal, la cathédrale désignée Hellfest… Les principales scènes du festival ont été implémentées en jeu, de la WarZone au Temple en passant par les Main Stages. Celles et ceux qui souffriront du blues post-pèlerinage annuel au sanctuaire du Metal y trouveront leur compte pour retrouver ces terres musicales pendant quelques instants.

Ragnarock : photoHellfest nous voilà

Outre quelques ajouts sympathiques qui font leur apparition avec ce DLC, dont un vestiaire permettant de personnaliser son avatar, avec de nouveaux marteaux et un drakkar flambant neuf, la véritable force de ce contenu additionnel est sa playlistqui sort enfin de sa zone de confort du Folk Metal pour aller se frotter à des genres plus variés.

Parmi les 11 nouveaux titres, tous issus de groupes présents dans le line-up 2022 du Hellfest, on tambourinera entre autres sur le Metal groovy du Né pour une chose de Gojira, le Metal progressif de Disconnected, le punk-rock d’Offspring, ou la musique alambiquée d’Avatar. Les amateurs de masturbation frénétique de manche en auront même pour leur argent avec Démolition du cœur de DragonForce.

Ragnarock : photoIdéal pour les métalleux en manque.

Une ouverture sur de nouveaux horizons plus que bienvenue, qui apporte un vrai vent de fraîcheur sur le soft de Wanadev, et relance l’intérêt du soft. Les boulimiques de Metal extrême n’y trouveront toujours pas leur compte, mais cela suffira amplement à ravir les joueurs qui aiment à camper devant les Main Stages du Hellfest, et Ragnarock est à ce jour la meilleure adresse pour les métalleux en manque de jeux de rythmes musicaux.

Ragnarock est disponible sur SteamVR, MetaQuest et Viveport. Une version PlayStation VR est également prévue. Ce test a été réalisé sur Steam VR via un exemplaire fourni par l’éditeur

Ragnarock : photo

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