Rodez : avec Gaëtan Roussel, une première réussie au Haras, qui en appelle d’autres

Le concert de Gaëtan Roussel a permis de faire venir plus de 10 000 personnes dans le haras.

Pour une grande première, c’est une réussite. Incontestablement. Largement plus de 10 000 personnes sont venues, jeudi soir au haras de Rodez pour assister au concert de Gaëtan Roussel. Même pas loin de 15 000 selon la Ville. En l’absence de tickets – l’accès était gratuit –, ni de compteur objectif, la vérité est sans doute entre les deux. Mais peu importe : les Ruthénois ont répondu présent pour ce premier grand rendez-vous dans cet espace, fraîchement racheté par la Ville et dont la reprise, et le départ de Station A, le tiers lieu qui avait réussi à faire revivre l’endroit et qui aurait aimé y rester, a fait couler beaucoup d’encre. Mais fini le temps des polémiques. Avec le concert du chanteur de Louise Attaque, une nouvelle ère a démarré. Et la Ville, qui avait pris le risque d’organiser, quelques jours seulement après avoir récupéré les clés du lieu, un tel évènement, a réussi son crash-test. Après ce rendez-vous, il est désormais clair que les Ruthénois sont prêts à se déplacer, au moins quand c’est gratuit, pour voir jouer en extérieur un chanteur populaire. Mieux, la configuration du lieu laisse entrevoir d’immenses possibilités pour des soirées exceptionnelles. La Ville, pourrait même imaginer, en passant via une association, sans doute plus à même de porter ce genre de projets, organiser un festival, sur une ou deux soirées, avec plusieurs têtes d’affiche grand public. Avoir Bigflo et Oli, Julien Doré, Angèle ou Orelsan dans ce cadre offrirait sans doute des soirées inoubliables. Pour être certain de la rémunération, il faudra sans doute, l’année prochaine, tester l’organisation d’une soirée payante et sa rentabilité potentielle. D’ici là, la Ville, qui s’est appuyée sur la bonne volonté de ses agents pour monter en express cette soirée, va devoir apprendre à gérer et animer l’endroit 365 jours par an. Il n’y aura pas Gaëtan Roussel tous les soirs, mais le lieu, qui a coûté 6 M€ aux contribuables ruthénois, doit vivre à l’année. Pour cela, la mairie peut s’appuyer sur la belle réussite de cette première soirée qui a dû donner du baume au cœur et de la motivation à beaucoup de monde.

Ce qu’il faut revoir

Tout n’était clairement pas parfait jeudi soir. Et c’est sans aucun doute normal. Avec une dizaine de jours seulement pour tout préparer, le délai était court. Si la partie restauration, avec des stands attribués à plusieurs adhérents ruthénois de l’Umih a fonctionné, cela a été moins le cas pour les bars. L’accès à l’un des trois stands des tickets boissons a été pris d’assaut. Beaucoup ont renoncé vu la file d’attente qui s’est formée très tôt. D’ailleurs, une bonne partie des spectateurs ont passé le concert de la Déryves, en ouverture, à attendre pour accéder aux bars plutôt qu’à écouter la musique. Et quand Gaëtan Roussel a commencé, ils sont beaucoup à avoir renoncé à consommer pour ne pas louper le concert. Un problème pour la Ville qui avait là l’occasion de récupérer des fonds. Peut-être faudra-t-il, à l’avenir, confier les bars aux associations, beaucoup plus expérimentées que les agents (et les élus) pour gérer ces flux. L’idée de faire des tickets communs avec l’Estivada semble aussi pertinente et peut éviter de multiplier l’attente à chaque rendez-vous. Enfin, il faudra clairement revoir la signalisation sur le lieu et le nombre de bars et guichets pour faciliter les choses.

Dernier point sur lequel il faudra travailler à l’avenir : l’accès au site. L’entrée a été plutôt fluide. Mais la sortie, beaucoup moins. Pressés d’aller voir le feu d’artifice sur la place des Rutènes, les spectateurs se sont bien bousculés. Et encore plus quand ils ont compris que du haras, la visibilité ne serait pas bonne, à cause des arbres. Avec un seul point d’accès au site, rue Vieussens, les conditions de sécurité, en cas de problème, étaient également loin d’être optimales. Même si cela risque de brusquer les riverains, avec plus de 10 000 personnes dans le haras, il semble bien plus raisonnable d’ouvrir au moins un des deux accès de la rue Eugène-Loup.

Autant d’éléments que ce premier grand rendez-vous a appris et sur lesquels les services municipaux pourraient maintenant travailler.

Et maintenant, l’Estivada

Après cette première soirée, d’autres rendez-vous sont prévus, dès la semaine prochaine, dans le hara de Rodez. Du 21 au 23 juillet (de jeudi à samedi) l’endroit accueillera une grande fête des spectacles (en soirée), mais également le village occitan. Au programme notamment sur les deux scènes qui seront installées : Cocanha, Alidé Sans, La Mal Coiffée, Mauresca, les Goulamas’K, Nux Vomica, Barrut, CXK et De La Crau. Le tout encore une fois gratuit.

Leave a Reply

Your email address will not be published.