Sur Instagram, les stars de télé-réalité font pulluler les arnaques financières

Les arnaques financières, particulièrement nombreuses sur les réseaux sociaux, ciblent bien souvent un jeune public. Des célébrités de télé-réalité en font désormais leur gagne-pain.

Les arnaques financières, dopées par les réseaux sociaux, sont de plus en plus populaires. Les influenceurs, majoritairement issus de la téléréalité, n’y sont pas étrangers. Une enquête du journal 20 minutes révèle l’aisance avec laquelle ces derniers arnaquent, parfois pour des sommes particulières, leur très jeune audience.

Du côté de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), on note une “montée inquiétante” des pratiques commerciales trompeuses “notamment de la part des influenceurs”, explique l’institution auprès de 20 minutes.

Les, souvent issues de programmes de télé-réalité, sont effectivement un certain nombre à se reconvertir dans des business divers, dans le cadre de partenariats plus ou moins transparents, et conduisant bien souvent à des arnaques.

Des “investissements passifs”

Parmi les influenceurs identifiés par l’enquête de 20 minutesJulien Bert, vu dans Les anges de la téléréalité, invite ainsi ses abonnés à se lancer dans le trading avec des “investissements passifs”, et promettant des sommes faramineuses à la clé.

L’influenceur a lancé sa propre entreprise de trading, “Wolf’s investment”. Dans des vidéos promotionnelles, publiées sur Instagram, Julien Bert ne manque pas de prose pour faire mordre à l’hameçon.

“Ce n’est pas l’argent que tu vas gagner ou que tu pourrais gagner, mais c’est l’argent que tu es en train de perdre en regardant cette vidéo. Tu vas continuer à perdre si tu ne rejoins pas l’investissement de Wolf “, explique l’homme dans l’une de ses vidéos, retirée depuis mais relayée par le quotidien.

Comme le rappelle 20 minutes, ces pratiques mises en place en jeu de l’argent sont scrutées de près par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Il s’agit ici de publicités en ligne, et qui plus est pour des produits financiers.

En effet, Julien Bert propose une plateforme de trading passif, c’est-à-dire que l’on y dépose son argent et on attend – en principe – un investissement à la hauteur des promesses faites par l’influenceur. Il n’informe pas ses potentiels investisseurs liés à ces pratiques financières, ce qui est illégal.

Écran de fumée

“Il convient de s’interroger sur les compétences en finance de ces personnes se présentant comme des experts, la sincérité et la nature désintéressée de ces prescriptions, dont le caractère désigné n’est pas toujours indiqué clairement”, indique l’AMF auprès de 20 minutes.

Et ces alertes sont bien fondées : l’entreprise fondée par Julien Bert a, depuis la publication de l’enquête, tout simplement disparue.

L’une des victimes contactées par 20 minutes indique ainsi avoir déposé, en premier lieu, de petites sommes par prudence. Une fois en confiance – après un premier retour sur investissement, elle se jette à l’eau et dépose de plus grosses sommes.

C’est à ce moment que la plateforme la contacte : le site aurait été prétendument piraté et les sommes perdues avec lui. On lui aurait même affirmé que le FBI était “en train de faire le nécessaire”.

Depuis, les promotions publiées par Julien Bert ont disparu des réseaux sociaux. L’influenceur a indiqué le contraire au quotidien, précisant qu’il ne s’agissait que de “stories éphémères”.

Egalement cité par 20 minutes, on retrouve le couple Blata, un duo d’influenceurs parti vivre à Dubaï. Ces derniers ont lancé une plateforme de trading sur la messagerie sécurisée Telegram. Il s’agit d’une plateforme dite de “copy trading”: cette pratique consiste à reproduire les investissements et placements de traders expérimentés. Tout comme Julien Bert, les influenceurs ne précisent aucunement les risques liés à ces pratiques, masqués derrière des phrases accrocheuses et séduisantes.

Dans le même registre, l’ancienne star de téléréalité Nabilla Benattia avait écopé de 20.000 euros d’amende pour “pratique commerciale trompeuse”, alors qu’elle faisait la promotion d’un site de trading sur le réseau social Snapchat. Elle n’avait pas indiqué clairement être rémunérée pour cette opération, ni indiqué les risques potentiels pour les internautes.

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