Un détective récupère une relique du précieux Sang volée à Fécamp

Un mois après le cambriolage à l’abbatiale de la Sainte-Trinité de Fécamp, le détective d’art Arthur Brand vient de remettre le 12 juillet à la police une relique du Précieux Sang du Christ. Il l’a retrouvée à Amsterdam de manière improbable…

L’histoire est presque digne d’un roman policier. Le détective d’art Arthur Brand vient de remettre à la police d’Amsterdam le 12 juillet une relique très chère à l’Eglise, contenant le Précieux Sang du Christ. Celle-ci avait été dérobée dans la nuit du 1euh au 2 juin 2022 dans l’abbatiale de la Sainte-Trinité à Fécamp (Seine Maritime), avec d’autres objets liturgiques. Et c’est d’une manière pour le moins surprenant que l’enquêteur néerlandais a remis la main dessus.

D’après les informations qu’il a délivrées à l’Agence France Presse le 11 juillet, sa sonnette aurait brusquement retenu sur les coups de 22 heures 30 à Amsterdam le 8 juillet. Sortant sur le pallier, il aurait alors découvert un carton déposé par un inconnu devant sa porte. A l’intérieur se trouvait non seulement le reliquaire en ou de 30 cm de haut avec les deux fioles recueillant le Sang du Christ, mais aussi les autres objets dérobés à l’abbatiale. Il s’agissait de plusieurs plaques liturgiques en cuivre, des représentations de saints et un gobelet orné.

Indiana Jones de l’art

« C’est une très grande joie que d’avoir retrouvé cette relique, confie le diocèse à Famille Chrétienne. Elle faisait l’objet d’une grande dévotion ici, et le vol avait eu lieu à un moment très symbolique : quelques jours avant la grande messe pour la fête du Précieux Sang le 14 juin ». L’évêque du Havre a lui-même décrit la trouvaille de la relique comme « un grand relâchement » au journal hollandais De Telegraaf. « J’ai été surpris, comme beaucoup, car nous avions craint que les reliques soient à jamais disparues ! »

C’est en partie la notoriété d’Arthur Brand qui lui aura permis de récupérer le précieux trésor. Le détective surnommé l’« Indiana Jones de l’art » est notamment célèbre pour avoir récupéré un Picasso, une bague d’Oscar Wilde, ou encore les chevaux d’Hitler (immenses bronzes disparus en 1945). Pour l’affaire du précieux Sang, il a expliqué à l’AFP avoir été contacté quelques jours après le vol à l’abbatiale de Fécamp par un anonyme qui lui a demandé de restituer à l’abbatiale de Fécamp les reliques entreposées chez l’ une de ses connaissances. Cet individu aurait réalisé que ces reliques étaient « invendables », souligne Arthur Brand. Il serait passé par ce spécialiste en faisant confiance à sa réputation, car « il aurait été trop dangereux d’impliquer la police ». Dans son courrier, l’anonyme le prévenait qu’un colis serait déposé devant sa porte, sans préciser le jour ni l’heure… Jusqu’à la fameuse surprise du 8 juillet.

Aucun doute sur l’authenticité des reliques

La mairie de Fécamp préfère pour l’heure rester prudente. Mais pour le détective néerlandais, aucun doute sur l’authenticité des reliques. La découverte du paquet devant chez lui a été de ce fait particulièrement saisissante. « En tant que catholique, on se sent à peu près aussi proche de Jésus que de la légende du Saint Graal peut l’être »nommé Arthur Brand à l’AFP. « C’est une expérience religieuse ».

Désormais, il incombe à la police d’Amsterdam de remettre les reliques aux français de l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC), à qui l’enquête a été désignée après la plainte déposée en juin.

Des gouttes de sang issues d’un miracle

A Fécamp, le trésor devrait être accueilli en grande pompe, annonce le diocèse. L’évêque espère voir la relique restituée début septembre. Peut-être l’occasion de « développer un véritable temps fort, un tridium, trois jours de célébration autour du mystère du Salut, prévoir Mgr Brunin cité par La Croix. La croyance populaire autour du Précieux Sang est un formidable support de méditation pour s’interroger sur ce que représente notre attachement si fort au sang du Christ ».

Ces gouttes de sang précieux conservées dans l’abbatiale ne dateraient pas à proprement parler du jour historique de la Passion du Christ. D’après l’historien et archéologue Jacques Le Maho, l’une d’elles remonterait environ à l’an 1 000, après un miracle lors duquel le prêtre a vu le vin se changer en gouttes de sang pendant la messe, près de Fecamp. Fondée en 990, l’abbatiale aurait alors récupéré la relique auprès de l’église Saint-Léonard. Depuis, le trésor n’avait pas bougé.

Camille Lecuit

.

Leave a Reply

Your email address will not be published.