Un été sous le signe de Monet au musée d’Art moderne de Fontevraud

Il y a un an, presque jour pour jour, le 19 mai 2021, le musée d’Art moderne de l’abbaye royale de Fontevraud ouvrait ses portes près de Saumur, dans le Maine-et-Loire. Pour fêter cette première année d’existence et ses (déjà) 70 000 visiteurs, le jeune musée a vu les choses en grand en accueillant du 10 juin au 18 septembre une trentaine de chefs d’œuvre de Claude Monet. Baptisée Métamorphosesl’exposition met en lumière le travail incessant de Monet pour saisir les infinies variations de la lumière sur les formes et les paysages.

RTF

Le parcours de l’exposition est rythmé en quatre sections qui retracent les objectifs esthétiques de Monet : capter l’instant fugace, rendre les variations de la lumière par la couleur, plonger dans le motif et enfin, saisir l’intangible. Chaque partie est ponctuée par des verbes d’actions qui permettent de mieux comprendre les moyens picturaux utilisés par le peintre pour arriver ses fins. “Inscrire les saisons et les heures” et “Décentrer” accompagnent ainsi le premier chapitre intitulé “Peindre les sensations”. On retrouve là des tableaux comme Effets de neige, soleil couchant ous Le Jardin des Tuileries.

La partie “Fixer l’effet” décline le verbe “Sérier”. Pour Monet, peindre en série permet de fixer les jeux de lumières sur un même motif qui se métamorphose en fonction des saisons et des heures. C’est aussi une façon pour le peintre de répondre au défi lancé par la photographie, capable dès 1879, de saisir l’instantanéité.

Un voyage au coeur de la matière et de la lumière.  (É. Aubron / France Télévisions)

Dans la section “Dépasser l’horizon”, le verbe “Immerger” offre au public le format monumental des Glycines et des Nymphéas, ces œuvres conçues comme des décors dont la grandeur et le traitement quasi abstrait des éléments de la végétation incitent à la contemplation. Cette partie illustre aussi un tournant dans la vie de Monet avec l’aménagement en 1893 de son jardin d’eau à Giverny qui comprendra un bassin aux nymphéas, des saules, un pont japonais surmonté d’une glycine.

Enfin, dernière section de cette exposition : “Peindre ce que l’on ne voit pas” associé au verbe “Dissoudre”. Là aussi, on peut le corréler à un moment particulier de la vie de Monet. Atteint d’une maladie des yeux dès 1912, il continue à peindre mais avec une perception différente des couleurs et des masses, au détriment des détails. Sa géographie visuelle se modifie et avec elle, les motifs végétaux, l’eau et le ciel qui s’absorbent dans la couleur jusqu’à faire place à une “muraille de peinture”.

Cette exposition est d’autant plus exceptionnelle que ces toiles, venues tout droit du Musée Marmottan Monet à Paris, sont prêtes pour la première fois à un musée en région. Un choix qui est aussi une façon de célébrer un couple de collectionneurs. Le musée d’Art moderne de Fontevraud est constitué d’œuvres provenant de des dons de Martine et Léon Cligman à l’État français et à la région Pays de la Loire. Ce couple a également des liens avec le musée Marmottan Monet puisqu’il a financé en 2012 l’aménagement d’une salle dédiée à la création artistique des enfants.

Exposition “Métamophoses, dans l’art de Claude Monet” du 10 juin au 18 septembre 2022 au musée d’Art moderne de Fontevraud – Abbaye Royale de Fontevraud, 49590 Fontevraud-l’Abbaye / Ouvert 7j /7 / Jusqu’au 1euh juillet 10h – 19h, du 2 juillet au 28 août 10h – 20h puis à partir du 29 août 10h – 19h / Tarifs : de 3€ à 6€

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