un Varois sur le banc des prévenus

Ce mercredi 8 juin débute au tribunal correctionnel de Paris le procès de huit hommes pour le vol et le recul de cette œuvre réalisé par Banksy au pochoir sur la porte du Bataclan. Parmi eux, un entrepreneur, créateur d’une marque de T-shirts de luxe, alors installé à La Seyne-sur-mer dans le Var.

Une jeune fille au bord des larmes.

Banksyl’artiste de street-art de renommée internationale, l’a réalisée au pochoir, sur la porte latérale du Bataclan en 2018.

C’est par cette issue de secours que de nombreuses personnes avaient fui la salle de spectacle parisienne le soir du 13 novembre 2015. Une oeuvre en hommage aux 130 morts et 350 blessés des attentats perpétrés à Paris et Saint-Denis ce soir-là.

Le soir du 25 janvier 2019, une camionnette blanche se gare juste à côté du Bataclan. Trois hommes en sort, découpent la porte métallique à la disqueuse et disparaissent en moins de sept minutes.

En novembre 2019, la police judiciaire parisienne identifie le commando grâce à un renseignement des gendarmes de l’Isère.

Ils ont interpellé trois hommes soupçonnés d’avoir cambriolé un magasin de bricolage, quelques jours avant le vol de la porte de Banksy, emportant notamment des disqueuses thermiques et des groupes électrogènes.

Après plusieurs mois d’enquêtes, les enquêteurs ont réussi à retracer le parcours de l’œuvre disparue de Banksy. D’abord acheminée en Isèrela porte est conduite le lendemain dans le Varà La Seyne-sur-Mer, où elle est présentée à un certain Mehdi Meftah.

Cet homme alors âgé de 39 ans, installé à La Seyne mais originaire de Lyon, est alors à la tête de deux sociétés inscrites au registre du commerce de Toulon. Un snack de tacos, et surtout sa société BL1.D (prononcez Blindé) Haute Couture Urbainemarque de T-shirts de luxe dont la particularité est d’être ornés d’un petit lingot d’or 18 carats cousu sur l’encolure.

Passionné de street-art, Mehdi Meftah avait d’ailleurs utilisé, dans son premier logo, une couronne stylisée empruntée à Banksy.

Poursuivi aujourd’hui pour recel, le Varois a été désigné par plusieurs ssuspects comme le commanditaire du vol.

Lors de ses auditions, Mehdi Meftahconnaissaient parfaitement la valeur des œuvres de Banksy”, note le juge d’instruction dans son ordonnance de renvoi. Mais il conteste avoir ordonné le vol de la porte du Bataclan, affirmant unvoir été mis “devant le fait accompli”.

“Regarde ce que je t’ai ramené”, il aurait dit, selon son récit, l’un des auteurs du vol. Ce dernier a reconnu qu’il a alors que son ami, amateur de street-art et fortuné, pourrait revendre l’œuvre de Banksy. “T’es fou, qu’est-ce que tu veux que j’en foute de ton truc ?”aurait alors répliqué Meftah, avant de décider “d’éloigner le problème” en Italie.

C’est en suivant la trace de Mehdi Meftah en Italie que les enquêteurs retrouveront finalement la porte volée. Le père de famille avait pris ses habitudes de vacances, depuis quatre ans, dans un petit hôtel de Tortoreto, dans les Abbruzes.

Selon les informations indiquées par le journal Le Monde, Meftah aurait débarqué en octobre 2019 en camionnette avec deux amis et le panneau emballé. Il aurait alors évoqué une décoration pour sa maison de la Seyne-sur-Mer et demandé s’il pouvait le stocker là jusqu’à son prochain passage.

“Le propriétaire ne savait pas ce qu’il y avait dans ce paquet, il rendait service à un client devenu un ami” un fils avocat au journal assuré. Ne voyant pas revenir son client, l’hôtelier a finalement transporté le paquet à la campagne, dans une maison qu’il possède à Sant’Omero.

C’est là, dans les combles, qu’une quinzaine de carabiniers accompagnées de trois policiers français ont finalement mis la main sur la porte de Banksy, enveloppée dans du plastique noir, le 10 juin 2020.

Mehdi Meftah a été interpellé 15 jours plus tard, en même temps que la plupart des autres prévenus, lors d’une opération menée simultanément à Toulon, dans la banlieue lyonnaise, et à Flachères en Isère.

Ce sont donc huit hommes qui comparaissent jusqu’à la fin de la semaine devant le tribunal correctionnel de Paris pour vol et recel.

Le prix de la porte a été révélé entre 500.000 et un million d’euros. Mais ce type d’objets est très difficile à vendre, rappelle Arnaud Cornette de Saint-Cyr, commissaire priseur interrogé par Franceinfo : “On ne peut pas les revendre dans les circuits officiels… Aucune maison de ventes ne prendra une œuvre sans le certificat de Banksy, donc elles n’ont pas de valeur réelle”.

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