une exposition de jubilé à ne pas manquer

L’architecte anglais John Soane, anobli en 1831, avait un penchant pour la royauté. Le musée qui fut autrefois sa demeure propose en ce moment une collection temporaire des pièces les plus extraordinaires de «memorabilia» royales, de 1831 à nos jours.

John Soane était un architecte britannique génial du XVIIIème siècle, un peu fantasque, grand collectionneur d’art, et fan de toute chose royale. Cette passion l’a notamment amené à faire l’acquisition de deux croquis du couronnement du roi William IV et de la reine Adélaïde en 1831, ou encore d’une clef des appartements privés du château de Windsor datant du XVIIème siècle.

Si l’on doit à cet homme le bâtiment qui accueille la Banque d’Angleterre, une autre de ses œuvres remarquables est la maison qu’il a dessinée et habitée au 13 Lincoln’s Inn Fields, au cœur de Londres. Cette splendide demeure est devenue à sa demande un musée gratuit, où sont toujours exposées aujourd’hui les pièces qu’il a amassées au cours de sa vie.

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Pour faire vivre ce lieu et se mettre à l’heure du Jubilé de platine de la reine Elizabeth II, ses conservateurs ont imaginé une exposition temporaire, ouverte depuis le 25 mai et jusqu’au 26 juin 2022, regroupant des souvenirs royaux sélectionnés pour leur singularité.

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Visite guidée autour du marketing royal

La conservatrice Louise Stewart révèle lors de visites guidées les anecdotes qui font le sel de ces petits morceaux d’histoire. On découvre ainsi que si des tasses en porcelaine fine ont été réalisées pour le couronnement du roi William en 1831, c’était pour tenter de redorer à grands coups de céramique de luxe l’image d’un homme peu apprécié du peuple. Une certaine idée du « personal branding », déjà.

En 1887, la technique ayant évolué sur un pu créer en grandes quantités des plats en verre moulé et coloré pour marquer le jubilé de la reine Victoria. Ces objets peu onéreux ont ainsi appelé à remettre Sa Majesté surnommée «la veuve de Windsor» sur le devant de la scène et dans le cœur de ses sujets, elle qui s’était retirée de la vie publique après la mort de son cher époux Albert .

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Mugs, plats et porcelaines fines ont toujours fait le bonheur des fans de la royauté.

Mugs, plats et porcelaines fines ont toujours fait le bonheur des fans de la royauté.

© Matt Tidby

Cette exposition montre également comment en 1936 l’abdication surprise d’Edward VIII a donné naissance à une collection de mugs inachevés, des pièces sur lesquelles les portraits prévus pour marquer son couronnement n’ont jamais fini d’être peints.

Un stéréoscope produit en 1977 à l'occasion du jubilé d'argent d'Elizabeth II, représentant le Mall le jour de son couronnement en 1953.

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Les visiteurs sont invités à glisser un œil dans le trou du stéréoscope réalisé en 1977 pour le jubilé d’argent d’Elizabeth II, permettant de visionner en relief à quoi ressemblait le Mall le jour de son couronnement, le 2 juin 1953. On découvre également des épingles à cheveux sorties cette même année pour donner une touche royale aux coiffures de ces dames, ou encore les pots de la so British pâte à tartiner Marmite, rebaptisée «Ma’amite» pour son jubilé d’argent.

Des barrettes en édition limitée, sorties pour le couronnement de la reine Elizabeth II en 1953.

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Les grands événements royaux sont devenus avec le temps une aubaine économique, un filon juteux pour la production d’objets en séries limitées, dont les publicitaires n’hésitent pas à se régaler puisque les fans de la monarchie se les arrachent et en font collection. Des œuvres symboliques et historiques, qui se transmettent ensuite de génération en génération.

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