Vanessa Paradis raconte ses débuts « très violents » dans le showbiz


jensultes, pression, critiques… On n’était pas encore à l’époque de la toute-puissance des réseaux sociaux, mais Vanessa Paradis se souvenait d’avoir commencé le métier dans une grande violence. Invité à participer au documentaire Haut les filles, sur Arte, qui s’intéresse aux femmes qui ont révolutionné la scène française imposante dans leurs combats et leur identité, la chanteuse est revenue sur une période qu’elle qualifie encore aujourd’hui d’« horrible ». « Les débuts ont été très violents. J’avais 14 ans et, à 14 ans, ça ne va bien pour personne… On se demande qui on est, ce qu’on va devenir, si on est assez bien, s’est-elle souvenue. C’était horrible, horrible. »

Au début des années 1980, la jeune Vanessa rêve de devenir chanteuse ou comédienne, un projet auquel va s’atteler son oncle Didier Pain, un acteur qui a des entrées dans le milieu. Elle l’accompagne sur les plateaux, enregistre un twist à 11 ans, participe à l’Eurovision des enfants en Italie, jusqu’au jour où elle sort, en 1987, une chanson improbable, « Joe le taxi », écrite à la va-vite par Roda-Gil, sur laquelle personne ne met trois kopecks. Le succès est aussi énorme que fulgurant : onze semaines en tête des ventes en France, plus d’un million d’exemplaires livrés, sans compter l’engouement en Belgique, en Allemagne, en Angleterre, au Canada… Voilà la lolita propulsée au rang de starlette de l’été.

« J’étais jeune, j’avais une voix de dessin animé, tellement enfantine, et puis, parfois, je chantais très très fort, c’était atroce, se souvient l’ex-compagne de Johnny Depp. Je ne voulais pas avoir l’air timide, je voulais avoir l’air sûre de moi, mais j’avais l’air prétentieuse, donc je n’ai pas gagné à adoucir le phénomène. » Le succès intervient à la fin de sa troisième, alors même qu’elle doit entrer au lycée à Fontenay-sous-Bois. « Je prenais le RER le matin, les gens me regardaient comme un animal en cage et ne se passaient d’aucun commentaire à voix haute. Les gens doivent penser qu’on perd l’audition dès qu’on ne chante pas. »

Ventes noms d’oiseau

La voilà rapidement prise dans un tourbillon, à enchaîner télés, enregistrée, tournées en Europe, sous l’œil de la profession et d’un public parfois lassé par l’overdose. « J’étais un enfant et les commentaires étaient vraiment monstrueux. On m’insultait, on me traitait de tous les noms d’oiseau, on m’attaquait sur mon physique, sur ma musique, mon manque de talent, avec vraiment de sales noms d’oiseau sur une toute jeune fille. Ça a failli mal se passer, mais ma grande chance est d’avoir les parents que j’ai, des parents vraiment extraordinaires qui m’ont permis, m’ont donné beaucoup de liberté aussi. »

Ses parents ? André et Corinne Paradis, qui ont choisi leur fille tout en lui donnant une solide éducation. Très vite, sa mère va régulièrement accompagner sa fille pour temporiser, épauler et consoler, tout en négociant un peu de souplesse avec le proviseur du lycée… Mais, face au succès, Vanessa Paradis finit par abandonner ses études pour se dispenser à sa carrière naissante , qui va prendre un nouveau tournant avec Variations sur le même t’aime, l’album signé Serge Gainsbourg et sorti en 1990.

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« Elle était trop jeune, trop star »

Entre-temps, la lolita de la chanson française s’est transformée sous l’influence de Florent Pagny, qui va jouer les pygmalions et lui éviter quelques chausse-trappes – il a 11 ans de plus qu’elle. « La France entière se moquait d’elle, avait raconté le chanteur à Marc-Olivier Fogiel en 2016. Je trouvais ça pas bien, d’autant plus que, quand je l’ai rencontrée, j’ai réalisé à quel point c’ était une énorme star, et pas une petite gamine de plus. Je n’étais pas du tout parti pour avoir une histoire d’amour avec elle, j’étais plutôt parti pour être le grand frère et l’accompagner, l’aider à se sortir du pétrin dans lequel elle était. Parce qu’elle était trop jeune, trop star, et personne ne pouvait commenter il fallait gérer tout ça. »


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