Vous allez adorer le Star Féminine Band attendu samedi à Mèze dans le cadre du Festival de Thau !

Invité samedi 23 juillet à Mèze dans le cadre du Festival de Thau, cet euphorisant septet féminin originaire du Bénin est aussi une formidable aventure humaine.

“Oh femme noire, lève-toi, ne dors pas ! Lève-toi, il faut faire quelque chose ! Femme africaine, soit indépendante. Le pays a besoin de nous, allons à l’école. L’Afrique a besoin de toi. Il faut travailler !” Bien sûr que cette invitation à la sororité panafricaine proactive est désarmée de simplicité. Mais il ne faut pas la lire, il faut l’écouter, la regarder, la fredonner, la danser, pour en saisir toute la portée. C’est un garage rock épicé de rumba équilibré par sept gamines âgées de 12 à 18 ans et originaires d’une région reculée du Bénin ! En plus d’être désarmant et prospère, c’est frais, jovial, têtu, bricolo, énergétique… Bref, irrésistible ! Sans doute le coup de cœur de l’édition 2022 du Festival de Thau !

Des cours de musique gratuits pour les filles

Une sacrée aventure créée il y a six ans par André Balaguemon, trompettiste et guitariste amateur qui s’est rapproché de la mairie du village de Natitingou, dans le nord-ouest du Bénin, pour proposer des cours de musique gratuits pour les filles. Témoin adolescent d’une scène de violence conjugale, il veut aider à l’émancipation de ses sœurs et de leurs filles par la musique. Un appel a été lancé sur les ondes de Nanto FM et quelques jours plus tard, une vingtaine de candidats se pointe à la maison des jeunes locale.

Beaucoup n’ont aucune connaissance musicale, certaines n’ont même jamais vu les instruments qu’on leur propose. Les plus passionnées se distinguent vite, et progressent plus rapidement encore. Angélique et Urrice sont à la batterie et au chant, secondées par Marguerite, la troisième batteuse. Oui, le Star Feminine Band est un gang de rythmiciennes ! Sandrine est aux claviers, de même que Grace, qui chante également. Quant aux guitares (obligatoires !), elles sont tenues par Julienne, pour la basse, et par Anne, pour la six-cordes.

Des tournées locales à la signature d’un premier album

Tout en continuant leur scolarité, elles ne tardent pas à tourner dans leur région, puis en cercles concentriques de plus en plus larges. Grâce au coup de main d’un jeune ingénieur du son en mission dans les parages, le groupe enregistre ses premiers morceaux. Garage, suite. Ce sont ces maquettes qui tombent un peu par hasard dans l’oreille de Jean-Baptiste Guillot, le patron de Born Bad Records, label rock indépendant, radical et fouille-terres rares ! Conquis par la folle énergie de ses disciples délurées et électrocutées d’Angélique Kidjo, il les signe et produit leur premier album homonyme en 2020. L’hymne Femme Africaine, c’est là. La galette est remplie de bombinettes féministes chantées en waama, ditamari, bariba, mais aussi en fon, langue majoritaire au Bénin et en français. Nos jeunes afro-rockeuses veulent être entendues du plus grand nombre. Et comprend !

Elles ne se sont pas arrêtées en si bon chemin. En décembre dernier elles ont été une des révélations des Transmusicales de Rennes et en septembre prochain, elles vont publier leur deuxième album, toujours chez Born Bad. Entre-temps ? Eh bien, elles vont vous renverser au bord de l’étang de Thau. “Lève-toi, il faut faire quelque chose !”, chantent-elles. Pas besoin d’être une femme pour adhérer au message, et de foncer pour le partage à chaud, en direct !

Tous sur le port de Mèze !

Le premier soir au port de Mèze du Festival de Thau est prévu ce jeudi avec une spéciale “Terre océan” autour du photographe naturaliste sous-marin Laurent Ballesta et d’un grand concert de Féloche avec son Mandolin’Orchestra, augmenté de Bonbon Vodou, Imbert Imbert et du Chœur éphémère de la chanson contemporaine.

Vendredi, c’est rock et solaire avec Chico Trujillo, groupe chilien adepte du mélange muy caliente servi frappé, et The Limiñanas, nos chouchous indépendantistes catalans du garage rock. Samedi, la soirée est féminine avec la jeune pousse slam George Ka, la grande voix folk-pop Emily Loizeau et le Star Féminine Band. Quant au dimanche il est masculin avec Abel Chéret, l’élégant émule vendéen d’Albin de la Simone, et l’immense chanteur Bernard Lavilliers, plus en forme et en fond que jamais.

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